« Nous voulons des vaches dans les prés, des territoires animés, des écosystèmes préservés, des éleveurs respectés et des citoyens écoutés. Et vous, que voulez-vous ? » C’est avec ces mots que les deux organismes interpellent les candidats. À cette lettre sont joints les résultats de l’étude d’impact sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta) commandée par le groupe Verts/ALE du Parlement européen et Interbev.

Risque conjoncturel pour l’élevage porcin

L’élevage porcin canadien n’a pas un avantage déterminant en termes de compétitivité coût. Or, même à partir d’un prix relativement proche de la carcasse, les types de consommation étant différents de chaque côté de l’Atlantique, la hiérarchie des prix des découpes est différente sur les deux marchés.

La conjonction d’événements de marché et monétaires créera nécessairement des périodes où certaines viandes de porc canadiennes seront compétitives en Europe, en particulier du muscle de jambon. Ces événements généreront de la volatilité supplémentaire pour des industries et des éleveurs qui en souffrent déjà.

Développement d’une filière bovine « hormone free »

En bovin, le différentiel de compétitivité dans les maillons de l’engraissement et surtout de l’abattage-découpe est important entre le Canada et l’Union européenne (UE). Actuellement, les contingents tarifaires octroyés ne sont pas intégralement utilisés par le Canada. Leurs exportations sont freinées notamment par l’interdiction de l’entrée dans l’UE de viande de bovins traités aux hormones. Cependant, l’augmentation importante des contingents prévue par le Ceta pourrait être un stimulus puissant au développement d’une filière bovine spécifique garantie sans hormone.

Il y a de fortes chances pour que les exportations canadiennes se concentrent sur les pièces d’arrière de haute qualité (côtes et aloyaux), principalement à destination du secteur de la restauration hors domicile européen. Deux raisons à cela : la compétitivité du secteur canadien de la découpe et le fait que le différentiel entre les pièces d’arrière et les avants est beaucoup plus important dans l’UE qu’au Canada (où les carcasses des réformes de race à viande sont très souvent hachées en totalité).

Comme pour la production porcine, la déstabilisation de ces prix ne sera sans doute pas permanente. Mais le risque sera grandement accru au printemps et en été (saison privilégiée pour la consommation de viandes grillées) et surtout en cas de dévaluation du taux de change.

Vote le 15 février prochain

Devant ces menaces, Interbev et la Fondation Nicolas Hulot incitent les candidats à demander aux députés européens de voter contre le Ceta le 15 février prochain. Ils appellent également les candidats à s’engager à revenir sur l’accord au cours des six premiers mois du quinquennat, en cas de victoire à l’élection présidentielle.