« Le prix de l’aliment pour les porcs va poursuivre sa hausse les prochains mois, estime Élisa Husson de l’Ifip. Nous sommes dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, mais aussi par des récoltes incertaines en Europe et aux États-Unis. On s’attend à ce qu’il se maintienne à un niveau très élevé sur l’ensemble de l’année 2022. »

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« La Consommation peine à redécoller »

« S’agissant des cours du porc, une stagnation opère depuis plusieurs semaines, après une forte hausse saisonnière en mars, poursuit-elle. Habituellement, la consommation connaît un regain après les congés de Pâques, mais cette année, elle peine à redécoller. Alors même qu’une baisse de l’offre est observée dans les principaux pays producteurs européens, les opérateurs jugent cette dernière suffisante pour satisfaire une demande morose, qui pourrait encore se fragiliser avec l’inflation. »

« De cette situation découlent des marges en élevage très dégradées depuis plusieurs mois. Et ce ne sont pas les exportations qui sauveront la mise. Les envois européens de viande porcine vers les pays tiers ont baissé de 25 % sur le premier trimestre 2022, par rapport à 2021. On s’approche du niveau d’avant la crise de fièvre porcine africaine en Chine. Le pays a en effet redéployé massivement et rapidement son cheptel porcin. »

« Dans les semaines à venir, un autre élément pourrait encore alourdir le marché communautaire : il s’agit de la remise en marché des volumes de viande conservés grâce à l’aide au stockage privé, débloquée en mars dernier. Au total, 50 000 tonnes sont concernées, soit l’équivalent de 0,2 % de la production européenne annuelle. Or même une faible variation à la hausse des volumes mis sur le marché peut avoir une très forte influence sur les prix payés à la production. »

Propos recueillis par Vincent Guyot

(1) Lors de l’assemblée générale de la Fédération nationale porcine le 10 juin 2022.