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Eleveurs, bouchers et négociants s’unissent pour l’abattoir

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Filière - Eleveurs, bouchers et négociants s’unissent pour l’abattoir
De gauche à droite : Stéphane Labrouche (éleveur de porcs), Michel Labarthe (boucher et président de la SAS), Loïc Massy (éleveur de bovins), Mathieu Mazot (grossiste) : « Ensemble, au sein de la SAS, nous pérennisons nos filières locales et nos traditions. » © Hélène Quenin/Signiel

Un collectif de bouchers, négociants et éleveurs a repris la gérance de l’abattoir municipal d’Hagetmau (Landes), en évitant sa fermeture.

En 2019, après le départ de son apporteur principal (le salaisonnier Baillet-Agour), la municipalité d’Hagetmau (Landes) annonçait la fermeture de son abattoir, se déclarant incapable d’assurer la pérennité de la structure. Usagers, chambre d’agriculture et préfecture ont alors imaginé une gérance par SAS (société par actions simplifiée). Ralentis par la crise liée au Covid 19, il leur a fallu trois ans de démarches pour concrétiser le projet.

Au 28 mars 2022, la SAS Abattoir des Landes est enfin devenue le gérant officiel de l’abattoir. Ce collectif regroupe trois bouchers locaux, un grossiste, deux apporteurs de porcs et une association d’éleveurs bovins, chacun ayant apporté 7 500 euros de capital.

« L’abattage de proximité est un outil primordial que ce soit pour nos filières courtes, ou les particuliers, explique Stéphane Labrouche, éleveurs de porcs et membre de la SAS. Nous sommes le dernier abattoir du département et le seul à pratiquer l’abattage d’urgence depuis que celui de Mont-de-Marsan a fermé en 2020. Désormais, il n’y a plus d’autre structure à moins de deux heures de route. »

Autre actionnaire de la SAS, l’association Abattoir Hagetmau demain rassemble une vingtaine d’éleveurs de bovins : « Chaque membre de la SAS a le même pouvoir décisionnel et nous sommes tous dans une logique de circuits courts, résume Loïc Massy, président de l’association. Pour pérenniser nos activités, c’est important de créer ce lien d’un bout à l’autre de la chaîne. »

Avec les collectivités

L’abattoir a aussi changé de propriétaire, passant dans les mains d’un pôle territorial de six communautés de communes (PETR Adour Chalosse Tursan).

Pour les usagers, le coût de l’abattage est inchangé, ouvert aux bovins et porcins, mais aussi aux prestations particulières comme les taureaux de corrida et bientôt le gros gibier issu des comités de chasse et d’élevages. « En passant par l’abattoir avec une procédure validée par les services vétérinaires, on peut valoriser et vendre ces viandes si spécifiques de nos traditions rurales et locales », précise Michel Labarthe, boucher à Hagetmau et président de la SAS.

Avec un volume traité, remonté à 3 000 tonnes en 2021 (lié à la fermeture de l’abattoir de Mont-de-Marsan), la struc­ture équilibre ses comptes, maintient les onze emplois en CDI à temps plein et envisage quelques rénovations.

Hélène Quenin
Premier loyer payé

Le 1er avril, la SAS a réglé son premier loyer et travaille avec le propriétaire à des rénovations : « Elles vont être financées par le PETR qui bénéficie de subventions et la SAS remboursera le reste, précisent les actionnaires. Nous sommes aussi rentrés dans un groupement d’achat pour l’énergie et les équipements. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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