Le premier produit de cette nouvelle marque nommée « C’est qui le patron ? La marque du consommateur » sera une brique de lait. Un choix hautement symbolique après la bataille qui a opposé les producteurs laitiers à Lactalis pour une revalorisation des prix à la production.

La brique sera vendue 99 centimes le litre, et permettra aux producteurs d’obtenir une rémunération autour des 39 centimes le litre. Pour mémoire, l’accord obtenu par les agriculteurs avec le géant Lactalis fixe le prix du litre de lait à 27,5 centimes en moyenne sur 2016.

Les consommateurs ont décidé du prix

Le tarif qui sera en vigueur à Carrefour sur cette nouvelle marque a été fixé par les consommateurs eux-mêmes, à l’issue d’un questionnaire en ligne, diffusé cet été. 6 000 consommateurs y ont participé. « C’est une première en France comme c’est une première mondiale, déclare Nicolas Chabanne, président des Gueules cassées, l’association anti-gaspillage alimentaire à l’origine de l’initiative, avec Laurent Pasquier de Mesgouts.fr. Personne ne viendra se mettre en travers de cette rémunération garantie fixe et constante. »

Les Gueules cassées étaient déjà à l’initiative de l’opération « Fruits et Légumes moches » lancée en 2014 chez Intermarché pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Cette fois, le partenariat a été établi avec la Laiterie de Saint-Denis pour la partie collecte et conditionnement, et avec Carrefour pour la distribution.

Les 51 producteurs laitiers qui en bénéficieront sont issus de petites exploitations familiales en grande difficulté, rassemblés en coopérative dans la région de Mâcon. Les volumes devraient se situer entre 7 et 10 millions de litres. « En échange d’un coût supplémentaire minime (environ 7 centimes d’euros par brique, soit 3,50 euros par an), les consommateurs vont pouvoir participer à sauver cette filière », témoigne Nicolas Chabanne.

Un cahier des charges avec fourrages locaux et pâturage

En contrepartie, ils auront la possibilité de savoir exactement ce qu’ils consomment, car en plus du prix, ils ont également voté sur un cahier des charges précis quant à la production : celle-ci sera issue de vaches nourries sans OGM et avec des fourrages locaux, allant au pâturage entre 3 et 6 mois par an…

Pour l’instant, la marque se cantonne au lait, mais ses fondateurs réfléchissent à l’étendre. D’autres produits laitiers, mais aussi un jus de pomme, une pizza, de la charcuterie sont à l’étude, indique Nicolas Chabanne.

De la même manière, Carrefour étant le premier à avoir répondu positivement à l’initiative, il est aujourd’hui le distributeur exclusif. Mais Les Gueules cassées indiquent avoir déjà été contractées par trois autres enseignes.

AFP