« Susciter l’envie des jeunes qui veulent s’installer, et des salariés de venir travailler dans les élevages, ce sont vrais les enjeux d’avenir de la filière laitière », alerte Emmanuel Binois, coprésident de FMBGO. Mais pas si simple, dans une filière marquée par une crise des prix depuis l’arrêt des quotas.

« Chercher du prix dans un monde dérégulé »

Pour Olivier Allain, vice-président de la Région Bretagne en charge de l’agriculture et coordinateur des États-généraux de l’alimentation (EGA), « l’objectif des EGA est précisément de rechercher du prix dans un monde dérégulé. La solution ne viendra pas des subventions. En 2016, il n’y a jamais eu autant d’aides versées, et les revenus n’ont jamais été aussi bas. »

Un prix rémunérateur qui pourrait se construire sur le marché national, en contraignant la distribution. « Encadrer les promotions, limiter la dégradation de valeur et remonter le seuil de revente à perte devrait permettre de créer 5 milliards d’euros en valeur », estime Olivier Allain. Sur la question de la prise en compte du coût de production, le conseiller régional reste mesuré. « Cette approche est valable sur les volumes valorisés sur le marché intérieur. En revanche, il est difficile de l’appliquer à l’exportation, car il faut faire face à une concurrence très compétitive. »

Inciter les producteurs à s’organiser

« Adhérer à une OP et s’organiser, c’est se donner les moyens de renverser le pouvoir », assure Olivier Allain,. Mais comment inciter les nombreux producteurs toujours en dehors des OP ? « Deux voies sont possibles : l’obliger par la loi, ou le motiver par des aides publiques. Par exemple, on pourrait conditionner l’octroi des subventions PCAEA (1) à l’adhésion d’une OP », avance-t-il, tout en restant prudent. « C’est avant tout à vous, éleveurs, d’être force de proposition pour faire avancer les choses. »

(1) Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles.

V. Gu.