« Avec le site de Carhaix se présente aujourd’hui la possibilité de reprendre une capacité neuve, qui pourrait nous faire gagner 3 à 4 ans sur notre plan de développement, défend Damien Lacombe, président de la coopérative, dans une lettre adressée aux sociétaires le 10 septembre 2018. Il est donc logique que Sodiaal étudie cette option avec le plus grand sérieux. »

Moitié-moitié

Si le président de Sodiaal parle au conditionnel, il avance le scénario de reprise qui pourrait voir le jour. « Dans les hypothèses que nous avons élaborées, 50 % de la future production de Carhaix alimenterait en effet nos propres débouchés, tandis que les 50 % restants seraient vendus à Synutra, qui conserverait l’activité conditionnement du site. »

Damien Lacombe souligne que « Sodiaal est un acteur français important sur ce segment, [la coopérative produisant] déjà 30 000 tonnes de lait en poudre pour bébé dans ses usines de Montauban (Tarn-et-Garonne) et de Guingamp (Côtes-d’Armor). Nos capacités sont aujourd’hui à saturation alors que la valeur ajoutée de ces produits figure parmi les plus élevées au sein de notre mix produit. »

Le président de la coopérative rapporte par ailleurs que « Sodiaal a effectué tous les audits techniques nécessaires sur le site de Carhaix et est confiante dans sa capacité à optimiser le fonctionnement de cette usine de haute technologie ».

La Chine comme « cible privilégiée »

Alors que la question des débouchés soulève l’inquiétude des syndicats agricoles, le président de Sodiaal assure que la coopérative « tablerait sur une montée en puissance progressive de ses développements commerciaux. La Chine serait une cible privilégiée (les fondamentaux de ce marché sont bons et nous y sommes déjà présents avec plusieurs partenaires), ainsi que […] le Moyen-Orient. »

S’agissant du financement de la reprise du site finistérien, « notre plan #Value prévoit un effort supplémentaire d’investissement de 230 millions d’euros sur 5 ans, en complément des 100 millions d’euros annuels que nous réalisons, expose Damien Lacombe. L’investissement que nous pourrions effectuer à Carhaix entrerait dans ce cadre. Il n’a jamais été envisagé de financer le projet par une hausse des parts sociales des sociétaires. »

V. Gu.