Les demandes pour l’aide européenne à la réduction de production laitière ont été clôturées le mercredi 21 septembre 2016. 52 101 éleveurs européens ont déposé un dossier, portant ainsi les engagements à près de 1,070 million de tonnes au niveau européen. Il ne restera donc rien ou presque de l’enveloppe initiale de 150 M€ pour la période suivante. Pour les 11 407 tonnes restantes, les demandes d’aide devront être adressées avant le 12 octobre 2016. Seuls les éleveurs n’ayant pas encore participé au plan de réduction seront acceptés.

La France en deuxième position

L’Allemagne, à elle seule, engloutira potentiellement 40 M€, soit 27 % de l’enveloppe, pour près de 10 000 candidats et une baisse de collecte moyenne de 29 000 kg de lait. La France prend la deuxième place avec ses 13 000 demandes à 14 000 kg de lait en moyenne. Elle devrait recevoir 25,4 M€ de Bruxelles.

En troisième position, le Royaume-Un i attend 15,7 M€ pour 1 849 éleveurs, et une réduction moyenne de 61 000 kg par exploitation. Suivent les Pays-Bas avec 11,2 M€ (3 932 demandes, 20 000 kg), l’Irlande avec 10,4 M€ (4 447 demandes, 17 000 kg) et la Pologne avec 7,4 M€ (3 779 demandes, 14 000 kg).

Les réticents s’engagent aussi

D’autres pays de l’Europe du Nord, ayant freiné des quatre fers pendant des mois pour valider ce plan de réduction, n’ont pas été les derniers à postuler pour autant. Exemple avec le Danemark qui se verra attribuer 4,3 M€ pour ses 423 exploitations souhaitant baisser leurs livraisons de 73 000 kg en moyenne d’ici à la fin de l’année. La Belgique recevra aussi 4,7 M€ (1 825 demandes de 18 000 kg).

Prise de conscience collective

Dans un communiqué de presse diffusé ce mardi 27 septembre 2016, le ministère français de l’Agriculture « salue l’engagement des producteurs ». Au vu du nombre de demandes, il conclut à « la prise de conscience collective et la pertinence du dispositif souhaité par la France depuis des mois ». Il précise que « l’intégralité de ces volumes sera indemnisée sans stabilisateur ».

« Force est de constater que rééquilibrer le marché du lait dans une Europe à 28 pays est réalisable ! », se félicite également la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). « Les producteurs de lait européens font donc preuve d’un sens collectif des responsabilités qui va quelquefois à l’encontre de ce que défendent leurs représentants politiques », poursuit le communiqué de la FNPL.

« La renonciation aux livraisons est un premier pas dans la bonne direction. Il est toutefois regrettable que la mesure ait été introduite si tardivement », commente le syndicat European Milk Board (EMB) d’un ton plus mesuré. « Il n’est pas possible d’exprimer plus clairement la nécessité de mettre le holà (sur les volumes de production, ndlr), explique M. Schaber, président de l’EMB.

Encore plus sceptiques, les producteurs laitiers de la Coordination rurale, s’inquiètent de la répartition des 180 000 t engagées en France. « Ramené par exploitation, ce chiffre est énorme (14 000 litres). A moins qu’il ne traduise l’abandon progressif et massif de la production » relève le syndicat. La Coordination rurale voit à travers le plan de réduction de la production de lait « quelques signes positifs » mais également beaucoup d’interrogations pour l’avenir.

J.-M. Vocoret avec M.B.