Serait-ce l’effet papillon, version production laitière ? Dans une étude réalisée pour le compte de l’EMB, Aurélie Trouvé (1) et Andrea Fink-Kesseler (2) l’affirment : « Le prix du lait payé à la ferme a amorcé sa remontée en juillet 2016, juste après l’annonce d’un plan européen d’aide à la réduction volontaire de la production laitière. »

Mis en place d’octobre 2016 à mars 2017, ce programme a été souscrit par 48 200 élevages européens (UE à 28), pour un volume collecté en retrait de 834 000 tonnes, soit près de 5 % de la collecte européenne en 2016. « La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont été les plus grands contributeurs en termes de réduction de volume, précise l’étude. Ce programme a été appliqué dans 27 des 28 pays membres. »

« Aider les élevages en difficulté »

Si les auteurs reconnaissent que « l’effet sur le prix du lait ne peut être uniquement attribué à l’aide à la réduction laitière », ils soulignent que « ce programme a permis d’attribuer une aide directe aux élevages en difficulté, permettant probablement de maintenir en activité certains d’entre eux ».

En France, les éleveurs ayant souscrit à cette aide avaient bénéficié de 0,24 € par litre de lait non-livré, dans la limite de 5 % de réduction de leurs livraisons par rapport à l’année précédente. « Entre 2014 et 2016, certains producteurs avaient augmenté leur production laitière en raison des faibles prix, pour couvrir leurs investissements, note l’étude commandée par l’EMB. Mais cette stratégie a tiré vers le bas le prix du lait payé à la ferme. »

V. Gu.

(1) Maître de conférences en économie à AgroParisTech.

(2) PDG du « Büro für Agrar und Regionalentwicklung », organisme allemand.