Des prix à la production plus élevés et des conditions météorologiques globalement plus favorables viennent soulager les producteurs, après trois années difficiles. Les tarifs sont bien plus élevés aux États-Unis qu’en Europe ou en Nouvelle-Zélande, stimulés par une consommation intérieure dynamique et des exportations soutenues par un dollar plus faible. Cependant, face à l’augmentation structurelle de la demande en matières grasses, de nouvelles incitations à long terme seront nécessaires pour encourager la production de matières grasses.

La consommation américaine augmente

États-Unis. La Rabobank prévoit une poursuite de la croissance de la production laitière, stimulée par de bonnes marges. Après un léger recul au premier trimestre, « la consommation américaine de beurre et de fromages continuera à générer une forte croissance de la demande intérieure », estime-t-elle.

Europe. Les prix moyens à la production ont progressé depuis la fin de 2016, mais ils restent à des niveaux insuffisants, aboutissant à des mesures d’adaptation différentes. En Irlande, en Pologne et en Italie, les éleveurs ont continué à accroître leur production.

Le Royaume-Uni a plus tardivement rejoint le mouvement au premier trimestre de 2017. Mais la production globale en Europe a augmenté plus lentement que prévu, les deux plus gros producteurs que sont la France et l’Allemagne affichant des collectes en retrait sur le début de l’année par rapport à 2016.

« La faible croissance de la production dans l’Union européenne à une période de l’année où la teneur en matières grasses du lait est naturellement faible, et la forte croissance de la demande aux États-Unis ont contribué à une pénurie mondiale de matières grasses, tirant les prix du beurre et de la crème à des niveaux exceptionnels. À court terme, pour alléger la pression, les transformateurs seront certainement tentés d’augmenter les prix à la production pour encourager la production de matières grasses », souligne Kevin Bellamy, de la Rabobank.

L’Océanie se redresse

Amérique du Sud. La reprise est molle, mais régulière. Au Brésil, malgré les turbulences politiques, les coûts des intrants ont commencé à diminuer et la production et la consommation se redressent. L’Argentine devrait aussi revenir à une croissance de sa production laitière au deuxième semestre de 2017, après plusieurs années désastreuses.

Océanie. La Nouvelle-Zélande aborde la nouvelle campagne avec davantage d’optimisme que pour les trois précédentes années, avec des prix prévisionnels en hausse. L’Australie également commence bien la saison, et espère récupérer une partie de la chute de la production des années précédentes.

Chine. La faiblesse des prix à la production a limité la croissance des volumes des grandes fermes d’entreprises, et a obligé les petits éleveurs à arrêter. Même une croissance modérée de la consommation dépassera la progression de l’offre. La Rabobank prévoit donc une hausse spectaculaire des importations de produits laitiers, à +20 %, en particulier en provenance de la Nouvelle-Zélande.