Depuis 2000, le Civam compare les performances technico-économiques des exploitations de son réseau en agriculture durable (AD) avec celles du Réseau d’information comptable agricole du ministère de l’Agriculture (Rica). Les exploitations AD ont la particularité d’avoir un taux de spécialisation en production laitière (1) supérieur à 80 %, et une part de maïs inférieure à 20 % dans la surface fourragère principale (SFP). Pour cette étude, l’échantillon du Rica est constitué de 354 fermes, et celui du réseau Civam AD de 170 fermes, dont 112 en agriculture biologique.

Moins de charges en système herbager

Sur l’année 2015, le prix du lait s’élève en moyenne à 332 €/1 000 l pour les fermes du Rica, 336 € pour les fermes AD non-bio, et 447 € pour les fermes AD bio. Malgré un produit d’activité (2) par actif inférieur de 17 % aux fermes du Rica, les exploitations AD non-bio dégagent un résultat courant (3) par actif supérieur de 11 977 €. Cet écart atteint 26 094 € dans le cas des exploitations AD bio.

Selon le Civam, « les exploitations AD ont des produits moins importants, des aides un peu plus élevées, notamment des aides contractuelles du deuxième pilier, des charges inférieures sur quasi tous les postes, avec des différences parfois très marquées sur les charges d’aliment, les charges des cultures et de mécanisation ». Les exploitations herbagères seraient ainsi « plus résistantes aux conjonctures volatiles ».

Des économies d’échelle jusqu’à « un certain seuil »

Selon l’étude du Civam, « les résultats économiques des différentes catégories du Rica font apparaître que si le produit d’activité augmente avec la taille de structure, l’efficacité économique (valeur ajoutée (4)/produit d’activité) reste stable autour de 28 % ». Les économies d’échelle ne s’avéreraient « pas constantes et linéaires », l’accroissement des moyens de production par actif pouvant « au contraire pénaliser les ressources propres de l’exploitation ».

L’étude pointe également le temps de travail supplémentaire lié à l’augmentation des moyens de production. Dans les stratégies qui s’offrent à un agriculteur souhaitant améliorer ses résultats économiques, « la meilleure option semble être le changement de système et non l’agrandissement », conclut le Civam.

(1) (produit lait + produit veaux + produit réformes + primes couplées lait)/produit courant avec productions secondaires.

(2) production nette vendue et autoconsommée par l’exploitation + variations de stocks.

(3) valeur ajoutée + aides + produit annexe – charges liées à l’outil de production – main-d’œuvre.

(4) (hors aides et hors fermages) = produit d’activité – consommations de biens et services.