La production européenne ne peut être absorbée par le marché, alors que 350 000 tonnes de lait en poudre sont encore placées à l’intervention. « Un poids bien indigeste au vu des tensions sur le marché du lait dans l’Union européenne (UE) », souligne l’EMB dans un communiqué du 15 mai 2017. Même si les prix du lait cru dans l’UE remontent, « à 33 centimes le litre en moyenne, ils sont loin d’atteindre un niveau rémunérateur ».

Stabiliser le marché

« Nous irions au-devant d’une nouvelle chute brutale des prix du lait si les États membres de l’UE devaient vendre la poudre d’intervention au prix dérisoire du marché, à savoir 175 € les 100 kg, avertit le syndicat. Pourtant, le prix actuellement fixé, à savoir 215 €/100 kg, est trop bas et exercerait une pression négative excessive », argumente Romuald Schaber, président de l’EMB.

La poudre à l’intervention devrait, selon lui, être vendue uniquement à un prix susceptible de stabiliser le marché. Pour un coût de production en élevage supérieur à 400 €/1 000 l, et après ajout des frais de transport, de transformation et de commercialisation, l’EMB arrive à un prix d’au moins 335 €/100 kg de poudre de lait. « Ces stocks encombrants ne peuvent simplement être bradés. Le prix visé de 335 €/100 kg constitue un prix plancher honnête et adéquat », insiste Romuald Schaber.

Un dilemme pour l’UE

« L’Union européenne se trouve face à un dilemme, estime Romuald Schaber. Après l’abolition des quotas en 2015, le mécanisme d’intervention et le stockage privé sont devenus des outils essentiels pour la stabilisation du marché laitier. Comme on le constate depuis plus de deux ans, ces outils ne sont toutefois pas à la hauteur de la tâche. »

C’est pourquoi l’EMB recommande de mettre en place, au niveau de l’UE, un outil permanent de réduction volontaire de la production associé à un plafonnement temporaire durant la période de réduction.

E.C.