Nombreux étaient les sujets à l’ordre du jour du conseil spécialisé pour les filières laitières de FranceAgriMer, réuni le 27 juin dernier, sous la présidence de Dominique Chargé.

Le Brexit, une possible déstabilisation du marché européen

Le Royaume-Uni est le troisième producteur de lait de vache de l’Union européenne (UE), derrière l’Allemagne et la France. Pourtant, le pays ne parvient pas à couvrir sa demande domestique et s’approvisionne principalement en Irlande, en France et en Allemagne.

La mise en place de barrières tarifaires pourrait déstabiliser le marché communautaire, avec le report de livraisons intra-européennes destinées au Royaume-Uni vers d’autres pays de l’Union européenne.

Dans le cadre du Brexit, la Commission européenne sera vigilante concernant la répartition des contingents négociés dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), mais aussi dans le cadre d’accords bilatéraux hors OMC. Actuellement, 38 contingents concernent le secteur laitier.

Le grand écart des marchés du lait conventionnel

Les prix du beurre atteignent des sommets dans un contexte de forte demande mondiale. Les prix de la poudre grasse sont également en hausse par rapport à 2016, alors que les prix de la poudre maigre peinent à se redresser.

Sur le marché français, sur les quatre premiers mois de l’année, les prix progressent de 71 % pour le beurre, 72 % pour le lactosérum, 44 % pour la poudre grasse et 15 % pour la poudre maigre par rapport à 2016.

Le lait biologique maintient sa dynamique

La collecte de lait de vache bio est repartie à la hausse au printemps 2017, renouant avec les niveaux de 2016. Le prix payé au producteur est en hausse de 2,8 % par rapport à 2016 sur les quatre premiers mois de l’année.

Les fabrications de crèmes, yaourts et desserts lactés ont progressé depuis le début de l’année, alors que le lait conditionné et les fromages frais marquent le pas, dans un contexte de diminution des achats de lait bio par les ménages.

59,5 millions d’euros d’aides versées

Deux enveloppes d’aides de crise ont été mises en place par FranceAgriMer en 2016. Une aide à la trésorerie versée en fin d’année 2016 et au début de l’année 2017 à 19 576 éleveurs, pour un montant global de 31,3 millions d’euros. Plus de 14 000 demandes ont été déposées auprès des directions départementales des territoires (DDT) et sont en cours d’instruction pour un paiement avant le 30 septembre prochain. La seconde enveloppe concernait l’aide à la réduction de la production laitière, pour laquelle 28,2 millions d’euros ont été versés à 12 735 bénéficiaires.

« La constitution des OP n’a pas encore porté ses fruits »

Le Réseau mixte technologique ruminants (1) a dressé un bilan des contrats laitiers à la fin de 2016, après enquête auprès de 29 entreprises représentant 84 % de la collecte française. L’étude a révélé que la constitution d’organisations de producteurs (OP) n’a pas encore porté ses fruits s’agissant du contenu des contrats en matière de prix et de gestion des volumes.

Cette étude souligne que les OP restent nombreuses, de petite taille et peu structurées pour donner un réel pouvoir aux producteurs. Elle juge aussi nécessaire de poursuivre la réflexion sur une « massification » et une gestion de l’offre à travers des OP/coopératives de collecte, avec transfert de propriété, afin que les producteurs soient en mesure de négocier les prix en fonction des volumes qu’ils produisent et maîtrisent collectivement.

V. Gu.

(1) Les Réseaux mixtes technologiques (RMT) ont été créés par le ministère de l’agriculture en 2006 dans le cadre de la loi d’orientation agricole. Ils rassemblent, autour de thématiques à forts enjeux socio-économiques et environnementaux, des équipes de recherche, de formation et de développement.