Une délégation de plusieurs agriculteurs a rencontré le procureur de Quimper. « Il va relancer la plainte et il devrait y avoir une enquête, relate un membre du syndicat. Vincent Pennober devrait être entendu par la gendarmerie et le procureur vérifiera qu’il n’y a pas d’infraction pénale de la part des laiteries. »

« Nous avons affiné la plainte, afin qu’elle englobe aussi les holdings de ces laiteries », précise le porte-parole départemental du syndicat, Vincent Pennober, avant de s’indigner : « Même quand on est en coopérative, on n’arrive pas à savoir s’il y a des plus-values ou pas ! Les deux milliards de Lactalis (voir l’article) illustrent ce qu’on reproche. De l’argent va dans les filiales, il y a des bénéfices, mais on n’en sait rien. Nous voulons remettre en cause le système actuel, dans lequel on crée des holdings pour cacher des bénéfices. »

« Il faut arbitrer entre deux logiques »

« Il faut arbitrer entre deux logiques : une logique industrielle et financière, et une logique paysanne et territoriale. Les coopératives aujourd’hui sont aussi entrées dans une logique financière, elles ont besoin de financer des outils, etc. Ce n’est pas étonnant qu’il puisse y avoir des dérives. »

Pour lui, « les coopératives aujourd’hui ne sont plus des coopératives au sens où l’éleveur l’entend. Cette plainte est aussi destinée à dénoncer cela. Mais on sait que leur réponse sera « c’est légal ». Nous allons donc repartir en guerre pour qu’il existe des OP transversales, qui comprennent les éleveurs livrant aux laiteries privées mais aussi les membres des coopératives. Un administrateur défend les intérêts de l’entreprise, et c’est normal, mais il ne défend pas les intérêts des paysans. C’est pourquoi il faut des OP aussi pour les coopérateurs. »

E.C.

(1) Prix du lait : la Confédération paysanne porte plainte.