À la question « vous vous attendez à quelle rentrée 2016 ? », la de réponse Samuel Vandaele, le secrétaire général de JA, et de Laurent Pinatel, le porte-parole de la Confédération paysanne, est identique. « On ira se battre au plus proche des industriels, on se battra encore plus dur », prévient Samuel Vandaele. « Nous nous préparons à une rentrée assez chaude et assez tonique au niveau de la Confédération paysanne, renchérit Laurent Pinatel. Il faut réveiller les élus. »

Les industriels décriés

À l’intention de l’industriel français Danone, Samuel Vandaele s’exclame : « vous ne vous rendez pas compte que vous communiquez sur les milliards de chiffres que vous faites, alors qu’en face de vous, vous avez des millions d’agriculteurs qui sont en train de mourir. »

De son côté, Laurent Pinatel attaque le leader français de l’industrie laitière. « Emmanuel Besnier, le PDG de Lactalis, il ne fait que du lait. Sa fortune, il l’a prise dans la poche des paysans et ça ne peut pas durer. Je vois que la FNSEA et les JA sont en action pour le moment dans l’Ouest devant chez Lactalis. On comprend tout à fait et on soutient tout à fait leur action. »

L’appel aux pouvoirs publics

« C’est à l’État, à Stéphane Le Foll, de se réveiller […] et de mettre un peu d’ordre là-dedans », poursuit le porte-parole de la Confédération paysanne. Il faut « que le gouvernement prenne la mesure de la crise, aille à Bruxelles, non pas chercher un plan de cessation pour les éleveurs comme ils sont en train de faire, mais chercher de la régulation. »

Selon lui, les mesures de régulation annoncée le 18 juillet par Bruxelles, « c’est une espèce de grosse arnaque. On va payer des gens pour arrêter de produire, mais dans le même temps on ne va pas empêcher d’autres de produire plus. [...] Il faut demander à l’ensemble des producteurs de lait européens de baisser de 4 % leur production pendant 6 mois. » Et non pas mettre « 500 millions pour éliminer les plus faibles, ou plus compétitifs au sens où certains l’entendent ».

« Quand on est jeune agriculteur, on est en pleine croissance, ajoute Samuel Vandaele. On n’est pas concerné par ces 500 millions. L’objectif et notre demande faite à Stéphane Le Foll c’est de pouvoir trouver une mesure spéciale jeune agriculteurs. »

M.B.