« Dans la filière laitière, il n’y a que des discussions sur des hausses de tarifs entre transformateurs et distributeurs », affirme André Bonnard, secrétaire général de la FNPL, lors d’une conférence de presse au Salon international de l’agriculture ce 27 février 2018. Pour le syndicaliste, « il y a eu un effet États-généraux de l’alimentation (EGA) dans la filière laitière, sur laquelle les projecteurs ont été braqués. »

Seul bémol, « Carrefour, avec qui il est particulièrement difficile de passer des hausses tarifaires, sans doute à cause d’un “effet budget”. Tous les ans, il y a des mauvais joueurs. Cette année, c’est Alexandre Bompart, [le patron de Carrefour, NDLR]. »

« Hausses de 4 % en moyenne »

Si les négociations ne sont à ce jour pas encore closes, André Bonnard estime à 4 % la hausse moyenne des tarifs des produits laitiers, passée par les transformateurs auprès des distributeurs. « Les négociations sont plus difficiles sur les produits frais, pour lesquels la concurrence entre opérateurs est forte, précise-t-il. En revanche, sur les matières grasses comme le beurre, les niveaux de valorisation sont plus satisfaisants. »

Et la rémunération des producteurs ?

« Le projet de loi [sur les relations commerciales, NDLR] présenté en janvier n’impose aucune contrainte sur le retour de la valeur aux éleveurs. Si les transformateurs refusent les conditions générales de vente des producteurs, que se passe-t-il ? » s’interroge André Bonnard, qui s’en remet au plan de filière présenté aux EGA. « Si ce plan n’est pas respecté, cette remontée de valeur ne s’opérera pas. Ce n’est pas par la loi que l’on inversera la construction des prix. »

V. Guyot