« Nous souhaitons sensibiliser M. Bompard (président de Carrefour, NDLR) sur le fait que la production de lait ne se fait pas sans coût, et que les charges supplémentaires que conditionne le label Agriculture Biologique ne peuvent être couvertes quand le prix de vente se fait au niveau pratiqué par l’enseigne Carrefour », dénonce Véronique Le Floch, responsable de la section laitière à la Coordination Rurale.

Le syndicat estime que la stratégie commerciale de l’enseigne de distribution n’est pas en phase avec la valeur de pérennité portée par le partenariat tripartite annoncé la semaine dernière.

C’est le prix auquel est vendue la brique de lait bio sous la marque de distributeur Carrefour depuis le début de septembre qui a suscité cette vive réaction : « Nous souhaitons demander à M. Bompard s’il a prévu de rémunérer les éleveurs lorsqu’il brade son lait à 87 centimes », ajoute Véronique Le Floch. Le syndicat confronte notamment ce fait au prix de vente du lait conventionnel Faire France vendu 12 centimes plus cher.

Alain Colombat, directeur de Carrefour, affirmait cependant que « les prix ne sont pas définitifs » et qu’il s’agit « d’un investissement de l’entreprise, pas de la laiterie » dans les colonnes du Maine libre le 4 octobre dernier.

« Lait bio moins cher que le conventionnel ! »

Alors que les États-généraux de l’alimentation (EGA) ont mis sur le devant de la scène l’enjeu de l’encadrement des promotions, Carrefour n’est pas le premier distributeur ciblé sur ce point. La promotion lancée par Intermarché sur sa marque de distributeur pâturage abaissant le prix à 0,76 € le litre de lait bio avait elle aussi éveillé de vives réactions en septembre.

La FDSEA des Côtes-d’Armor et les Jeunes Agriculteurs (JA) avaient alors manifesté en grandes surfaces pour dénoncer le prix du lait biologique. « Lait bio moins cher que le conventionnel, cherchez l’erreur ? » s’interrogeait la FDSEA 22 via son compte Twitter le 14 novembre dernier.

Alexandra Courty