« La bio change d’échelle », lance le président de Biolait, Christophe Baron, ce 27 février 2017. En 2016, la consommation française de produits laitiers labellisés AB s’est envolée. « En ultrafrais, la hausse dépasse les 20 % et il y a pénurie », illustre Théophile Jouve, le directeur. « Nous avons un boulevard devant nous », poursuit Jacques Chiron, un administrateur présent depuis les débuts de Biolait, en 1994.

Ambitions

Partant de ces constats, Biolait est motivée à poursuivre sa croissance. Elle accueille maintenant la 1 000e ferme adhérente. Et quand on parle à ses représentants d’un éventuel risque de surproduction aux alentours de 2018, ils ne semblent pas paniquer. « À la vitesse à laquelle la consommation augmente, les nouveaux volumes devraient être directement valorisés », estime son directeur. « Et si ce n’est pas le cas, les débouchés arriveront un peu plus tard. Nous n’avons jamais eu peur d’avoir trop de lait », poursuit-il.

« S’il n’y a pas de collecte, il n’y a pas de marché et c’est un cercle vicieux », ajoute Jacques Chiron. Avec la croissance du nombre d’adhérents, Biolait se demande aussi « comment garder ses valeurs ». « Il faut garder notre identité, l’initiative des producteurs. Pour notre assemblée générale par exemple, ce sont plus de 500 éleveurs qui seront présents », détaille Christophe Baron.

« La bio partout et pour tous »

Parmi les 1 000 fermes Biolait, 250 sont en conversion. Et en affichant un prix du lait à 485 €/1 000 l pour le mois de février, la société de collecte a de quoi attirer les éleveurs « conventionnels » qui voient encore difficilement leur prix du lait remonter. L’entrée à Biolait est ouverte à une diversité d’élevages : « de 10 à plus de 100 vaches » par exemple, pour une moyenne actuelle de 93 ha et 59 vaches. Mais en plus du respect du cahier des charges de la bio, l’adhésion exige de ne pas acheter de matières premières importées et de travailler l’autonomie alimentaire de l’exploitation.

M. Bressand