Perte de revenu des producteurs pas toujours justifiée ? « Au global, il n’y a pas de problèmes de débouchés pour la laiterie France », affirme la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), dans un communiqué publié le 12 mai. À l’échelle nationale, le boom des ventes en grande distribution aurait largement compensé la perte de vitesse des ventes à l’export et vers la restauration hors foyer (RHF). En fonction de leur mix-produit, certains opérateurs « ont su pleinement tirer parti de la situation. »

Grandes surfaces prises d’assaut

D’après l’analyse économique réalisée par le syndicat, à partir des données de l’Institut de l’élevage (Idele) et du panel IRI, les ventes de produits laitiers libre-service ont grimpé de 30 % (en volume) dans la grande distribution depuis le début du confinement. « Les transformateurs laitiers ont ainsi bénéficié de commandes massives sur ce segment de marché et certaines enseignes de la grande distribution ont même dû faire face à des ruptures momentanées d’approvisionnement », souligne la FNPL.

RHF et rayons à la coupe malmenés

À l’inverse, les rayons de fromages à la coupe ont encaissé un repli des achats de l’ordre de 60 %, estime la FNPL. Cette baisse des commandes se monte à 70 % sur le segment de la RHF, évalue le syndicat. Des résultats « à relativiser » quant à leur impact sur l’équilibre national. De fait, ces deux circuits concentrent habituellement moins de 7 % des débouchés du lait français (Idele).

Concernant les ventes auprès des industries agroalimentaires, « nous supposons que les débouchés sur ce marché n’évoluent pas. » Et à l’export, le confinement de la Chine en février « ne s’est pas opposé à de bons résultats. » Les données douanières n’étant pas encore disponibles pour les mois de mars et avril, la FNPL s’est basée sur les prévisions de la Commission européennes, établissant un recul des envois européens de produits laitiers de l’ordre de 6 % en 2020.

Hausse globale des ventes de 5,6 %

Ces résultats mis bout à bout, ce premier modèle théorique conclut sur une augmentation des débouchés de la laiterie France de l’ordre de 5,6 %, essentiellement portée par le commerce de détail. Les mix-produits évoluent.

Si certains transformateurs, notamment tournés vers la restauration hors-foyers ou les filières AOP, ont connu « de vraies difficultés », « nous demandons aux opérateurs de la laiterie France de décliner un prix du lait reflet de cette évolution profitable du marché intérieur, prix du lait qui doit s’appuyer sur l’indicateur prix de revient [conforme aux Etats-généraux de l’alimentation] et la nouvelle réalité des mix produits que l’on soit industriel privé ou coopérative », lance finalement Michel Lacoste, secrétaire général de la FNPL.

> A lire aussi : Prix du lait, la valorisation beurre poudre se stabilise (04/05/2020)

A. Courty