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L’agneau néo-zélandais menace toujours l’Europe

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Un nouveau contingent - L’agneau néo-zélandais menace toujours l’Europe
Les exportations de la Nouvelle-Zélande vers l’UE concernent les morceaux à haute valeur comme le gigot. © FDSEA-49

Les négociations de libre-échange de viande ovine entre l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande pourraient englober un nouveau contingent de 38 000 téc, avec des droits de douanes à 10 %.

« La Nouvelle-Zélande a tué la filière ovine européenne il y a trente ans », s’emporte Michèle Boudoin, présidente de la Fédération nationale ovine. Aujourd’hui, alors que les négociations de libre-échange entre l’Océanie et l’Union européenne (UE) sont en voie d’aboutissement, la responsable s’insurge contre la Commission européenne.

Cette dernière est en passe de signer un accord avec la Nouvelle-Zélande pour un contingent de 38 000 tonnes équivalent carcasse (téc), avec des droits de douanes à 10 % en plus des 114 000 téc à droits nuls affectés à l’UE à 27.

Une conséquence du Brexit

« La Nouvelle-Zélande estime que 114 000 téc pour une UE à 27 est un volume faible, explique Cassandre Matras, de l’Institut de l’élevage. En effet, après le Brexit, le contingent initial de l’UE à 28 (228 000 téc) a été divisé en deux parts égales entre le Royaume-Uni et l’UE à 27. Jugeant la part de l’UE à 27 disproportionnée par rapport au Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande négocie un « rééquilibrage » avec un nouveau contingent de 38 000 téc, mais les pourparlers sont en cours. »

Les meilleurs morceaux sont destinés à l’Europe

Au cours des dernières années, la Nouvelle-Zélande a toutefois diversifié ses débouchés, vers la Chine notamment. « Même si, depuis 2010, les envois vers le Vieux Continent baissent, le contingent rend possible des pics d’envois opportunistes vers l’UE, particulièrement en cas de fermeture d’un autre marché ou de sécheresse », ajoute Cassandre Martras.

Cet hiver, au début de la crise du Covid, « les bateaux néo-zélandais se sont immédiatement dirigés vers l’Europe quand l’accès à la Chine s’est ponctuellement fermé », relate Michèle Boudoin. L’UE reste une destination privilégiée pour l’île du Pacifique sud, car cela concerne les morceaux d’agneaux à haute valeur. En effet, au fil des années, la Nouvelle-Zélande a développé les envois en morceaux au détriment des exportations en carcasses entières pour valoriser au mieux l’animal.

Résultat, « le contingent pèse d’autant plus qu’il ne concerne que des morceaux nobles, comme le gigot, qui arrivent à bas prix et sous forme réfrigérée, lance Michèle Boudoin.

Cet accord inquiète aussi la Confédération paysanne. « Si les prix sont actuellement sur des niveaux records à 6,60 €/kg de carcasse, c’est en partie à cause de la baisse des importations », estime Denis Perreau, de la Confédération paysanne.

M.-F. M.
Un poids lourd de la production mondiale

La Nouvelle-Zélande est le troisième producteur mondial de viande d’agneau, avec 19 millions de brebis et 467 000 téc produites. Avec seulement 5 millions d’habitants, le pays exporte la plus grande partie de sa production (voir l’infographie ci-contre). Les systèmes basés sur le pâturage avec peu de besoin d’intrants, de matériel ou de bâtiment, et une productivité du travail importante sont très compétitifs. Les coûts et les prix à la production sont très inférieurs à ceux pratiqués en France. L’Hexagone, pour sa part, reste très déficitaire en viande ovine puisqu’il ne produisait que 45 % de ce qu’il consommait en 2019. Le Royaume-Uni est son principal fournisseur à hauteur de 23 %, suivent l’Irlande (11 %), la Nouvelle-Zélande (9 %) et l’Espagne (8 %).

Les exportations de la Nouvelle-Zélande vers l’UE concernent les morceaux à haute valeur comme le gigot. © FDSEA-49
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Cet article est paru dans La France Agricole

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