Emmanuel Besnier sort de son silence. Le PDG de Lactalis a finalement répondu de manière favorable à la convocation de la FNSEA, de Jeunes Agriculteurs (JA) et de la FNPL. La rencontre avec Emmanuel Besnier accompagné de deux personnes s’est tenue dans la soirée du 15 janvier, en présence de Christiane Lambert, Jérémy Decerle et Thierry Roquefeuil. Le lieu du rendez-vous a été tenu secret, et aucune photo n’a pu être prise.

La collecte ne variera pas

Ce que l’on sait en revanche, c’est que la P.-D.G. de Lactalis a affirmé que les producteurs de lait ne paieraient pas la facture de la crise sanitaire. « Il nous a indiqué que le scandale sanitaire n’aurait pas d’impact sur les producteurs laitiers qui livrent à Lactalis. Ni sur la collecte, ni sur les prix », rapporte le 16 janvier 2018 Jérémy Decerle, à l’occasion d’une conférence de presse de JA pour ses vœux à la presse.

Chaque année, 150 millions de litres de lait sont transformés dans l’usine incriminée de Craon, dans la Mayenne, qui concerne entre 450 et 500 exploitants. « L’usine ne ferma pas, nous a-t-il encore dit. Il a également tenté de nous rassurer, en nous expliquant que les choses seraient mieux gérées par la suite. Enfin, il a affirmé que les éleveurs n’étaient en rien responsables de la contamination », poursuit le président de JA.

Négociations commerciales : la faute aux distributeurs

L’entretien a duré près de deux heures. Trois quarts d’heure ont été consacrés au scandale du lait contaminé. Puis, durant une heure et quart, les responsables syndicaux se sont entretenus sur la suite des États-généraux de l’alimentation. En particulier, la dureté des négociations commerciales, et ce, malgré les promesses.

Pour rappel, en attendant le projet de loi qui sera présenté le 31 janvier en conseil des ministres, Emmanuel Macron a demandé aux protagonistes de respecter « l’esprit des États-généraux » dans les discussions. En vain. Le PDG de Lactalis a confirmé les allégations des représentants syndicaux, renvoyant cependant la balle aux distributeurs. « Il a dit qu’il était favorable à une hausse des prix du lait, mais pour lui, c’est au distributeur de jouer le jeu », indique Jérémy Decerle.

Les syndicats et une équipe de Lactalis, sans Emmanuel Besnier cette fois-ci, ont prévu de se revoir au début de février pour une évaluation plus concrète des négociations commerciales en cours.

Rosanne Aries