Il y a eu « 16 interventions de 2005 à 2017 pour faire des prélèvements dans l’usine, détaille Laurence Deflesselle, directrice départementale interministérielle adjointe de la DDCSPP le 17 avril 2018. Mais ces prélèvements n’ont pas visé la recherche d’agents pathogènes de type salmonelles », car le plan national ne les avait pas retenus pour la catégorie des produits infantiles, « ce n’était pas dans les instructions que nous avions ».

Devant les parlementaires

Elle s’exprimait devant la commission d’enquête parlementaire chargée de tirer les enseignements de l’affaire Lactalis et des produits contaminés sortis de l’usine que possède le groupe à Craon (Mayenne). Les recherches menées sous le pilotage de la Répression des fraudes (DGCCRF) portaient sur les « teneurs en pesticides, en métaux lourds, des présences de mycotoxines, un type de contaminants beaucoup plus fréquent sur des produits secs », ajoute Laurence Deflesselle.

Lactalis a trouvé par deux fois des traces de salmonelles dans l’environnement de l’usine lors de contrôles internes en août et novembre 2017. Mais la législation n’oblige les industriels à prévenir les pouvoirs publics que si des salmonelles sont trouvées directement dans les produits. « Je n’en ai jamais eu connaissance et aucun des deux chefs de service non plus », indique Laurence Deflesselle, assurant n’avoir eu « aucun signal d’alerte » avant l’alerte lancée le 1er décembre par les autorités centrales.

En 2005 déjà, une épidémie de salmonellose était partie de cette même usine, qui n’appartenait pas encore à Lactalis. La même bactérie de type Salmonella agona était en cause et a contaminé 146 nourrissons. Le Sénat a d’ores et déjà fait des propositions pour l’amélioration de l’efficacité des contrôles sanitaires, comme rendre « obligatoire » l’information des pouvoirs publics lorsqu’un autocontrôle détecte des salmonelles « dans l’environnement » de la production, mais aussi « clarifier » et « unifier » la responsabilité de l’exercice des contrôles sur un site de production.

AFP