Nouveau rebondissement dans l’affaire de la ferme des 1 200 taurillons dans la Vienne. À la suite du feu vert de la cour administrative d’appel de Bordeaux, le 29 décembre 2020, les opposants au projet déposent un recours en cassation au Conseil d’État, en dénonçant les fautes de procédure.

La question de la nappe phréatique

Plusieurs éléments motivent la mairie de Coussay-les-Bois et l’association Aspect (Association de sauvegarde et de protection de l’environnement) dans cette démarche.

Selon François Bigot, porte-parole du collectif des opposants, le projet entraînera la destruction d’une zone humide de trois hectares, sans véritable compensation. Dominique Brunet, agriculteur et coprésident de l’association Aspect, dénonce le caractère industriel de la future ferme. Selon lui, le porteur du projet Pierre Liot a fait toute sa carrière dans les usines d’aliment du bétail qu’il possède. « Ce n’est pas un projet agricole », renchérit-il.

Mais ce sont surtout les risques de pollution de l’eau qui inquiètent Dominique Brunet. En effet, selon lui, la nappe se situe juste à la verticale, à trois ou quatre mètres de profondeur environ. Or les fondations du bâtiment iront probablement jusque-là, offrant un chemin pour les jus. Par ailleurs, le président d’Aspect précise que même le syndicat des eaux de la Vienne a émis des réserves sur un risque de pollution de la nappe phréatique.

Le porteur de projet nie toutes les accusations

Toujours selon François Bigot, la population avoisinante est opposée au projet et l’a fait savoir lors des deux consultations publiques.

Pour Pierre Liot, ces accusations ne sont pas recevables. « La nappe ne sera pas plus polluée que par la décharge et la case automobile qui se trouvent à côté », explique-t-il, en précisant que l’on pourra marcher en chaussures de ville sans se salir dans son futur bâtiment. Contrairement à ce qu’affirment les opposants, un circuit pour les eaux de lavage distinct de celui des eaux pluviales est bien prévu.

Par ailleurs, Pierre Liot précise qu’il y a une réglementation pour la construction de nouveaux bâtiments d’élevage et que le sien la respecte parfaitement.

Renaud d’Hardivilliers