Le 13 octobre 2016, dans son émission « Envoyé Spécial », France 2 avait diffusé un reportage intitulé « Sérieusement ? Lactalis : le beurre et l’argent du beurre ? », mettant en cause le groupe laitier et son P.-D.G.

Un nouveau revers judiciaire

Emmanuel Besnier reproche aux journalistes d’avoir porté atteinte à sa vie privée en montrant des images de sa résidence, notamment grâce à un survol en ULM. Il réclamait à France Télévisions 50 000 € de dommages et intérêts et 10 000 € de frais de justice.

Déjà débouté en janvier, dans le cadre d’une procédure en référé, le dirigeant du groupe Lactalis a essuyé ce lundi 25 septembre 2017, un nouveau revers judiciaire, cette fois dans le cadre d’un jugement au fond.

« Un personnage public »

« En sa qualité de dirigeant du groupe Lactalis, leader mondial des produits laitiers, Monsieur Besnier est un personnage public de sorte que le respect dû à sa vie privée n’est pas atteint par la publication de renseignements d’ordre purement patrimonial », a rappelé le tribunal de Laval dans son jugement.

La juridiction note notamment que « le nom et la localisation » de la propriété d’Emmanuel Besnier étaient déjà connus du public. « France Télévisions n’a fait que reprendre ce qui est de notoriété publique et mettre des images sur des éléments connus du patrimoine de M. Besnier […] et que chacun peut visionner sur Google Maps », estime le tribunal.

Des informations « anodines »

Tout en jugeant « critiquable » la méthode utilisée par les journalistes pour interroger la cuisinière d’Emmanuel Besnier, le tribunal estime que les informations ainsi obtenues sont « anodines » et donc pas de nature à constituer une atteinte à la vie privée.

« On apprend juste que M. Besnier consomme des produits Lactalis et qu’il rémunère la cuisinière sur la base du régime du Smic », pointe la juridiction mayennaise, qui condamne Emmanuel Besnier à payer 2 500 € de frais de justice à France Télévisions.

Contactée, la société Lactalis n’a pas souhaité faire de commentaire.

AFP