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Les élevages de porcs en plein air « en danger »

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Territoire - Les élevages de porcs en plein air « en danger »
Naisseur-engraisseur-transformateur avec 4 truies et un verrat sur 4,5 ha de parcs, Mathieu Laupin (au centre) estime que certaines mesures de biosécurité sont inadaptées aux conditions d’élevage en plein air. © C. Penet

Pour la Confédération paysanne, les mesures préventives de biosécurité visant à éviter la propagation de la peste porcine africaine pénalisent les éleveurs de plein air.

Mathieu Laupin, éleveur à Villeneuve-de-Marc en Isère, ne décolère pas. Lors d’une visite de sa ferme, organisée par la Confédération paysanne Auvergne-Rhône-Alpes le 18 janvier 2021, il n’a cessé de déplorer les incohérences liées au plan de bio­sécurité imposé à tous les éleveurs de porcs.

« Désinfection des cabanes, sas de sécurité, vêtements anticontamination à usage unique… sont des mesures inadaptées au plein air. On me demande de changer mes vêtements à chaque fois que je me rends dans un parc. J’en ai une quinzaine, comment dois-je faire ? C’est aberrant ! »

Les nombreux éleveurs présents ce jour-là ont aussi pointé du doigt l’obligation, effective depuis le 1er janvier 2021, d’installer des clôtures étanches su­pé­rieures à 1,5 m afin d’empêcher tout contact entre porcs domes­tiques et san­gliers sau­vages. « En plein air, les parcs à cochons sont souvent installés en zones boisées ou sur des terrains escarpés. Il est impossible d’y installer de telles clôtures. Sans parler du coût pour les éleveurs », a indiqué Julien Van Ee, porte-parole de la Confédération paysanne Isère.

Aides à l’investissement

En réponse, Denis Lucas, chargé des plans d’urgence à la Draaf Auvergne-Rhône-Alpes, a rappelé que la peste porcine africaine (PPA) est une maladie virale grave : « Vous avez tout intérêt à vous protéger de l’intrusion des sangliers dans les parcs. À cet effet, le plan de relance de la filière porcine élaboré par la Région prévoit des aides à l’investissement, notamment pour le respect de ces mesures de biosécurité. »

Reste aussi en suspens la question des clôtures mobiles. « Une saisine de l’Anses pour évaluer ce genre de système est sans cesse retardée. À ce jour, rien n’est validé pour les troupeaux où les femelles ne seraient pas stérilisées.

Il est urgent qu’une solution soit trouvée en ce sens. La survie des élevages de porcs en plein air en dépend », a stipulé Nicolas Girod, porte-parole national. En rappelant que les sangliers sont les principaux vecteurs de la maladie, les participants ont demandé que de nouvelles réglementations sanitaires s’imposent aussi aux chasseurs, ou du moins qu’une coopération exemplaire entre fédérations de chasse et éleveurs soit mise en place pour protéger les élevages.

Camille Penet
Mesures de biosécurité

Depuis le 1er janvier 2021 sont obligatoires : plan de biosécurité, interdiction d’entrée pour toute personne extérieure à l’élevage, aire bétonnée ou stabilisée pour déposer les cadavres, désinfection des bâtiments entre deux bandes, pas de déchets de cuisine aux porcs…

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Cet article est paru dans La France Agricole

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