Les intrusions se multiplient ces derniers jours sur les exploitations agricoles. Après la Loire-Atlantique, la Mayenne et la Vendée cette dernière semaine, c’est au tour du Maine-et-Loire de subir à nouveau un acte de violence. Le 13 août 2020 au matin, les parents d’un éleveur de porcs du nord de la Maine-et-Loire ont découvert, tagués à l’intérieur du bâtiment d’élevage, ces inscriptions : « Lavez vos mains tachées de sang», «La prochaine pandémie est ici ».

« Lavez vos mains tachées de sang».

Le jeune éleveur visé n’avait jusqu’ici jamais été menacé. « Il est choqué, a rapporté à La France Agricole Emmanuelle Henry, de la FDSEA du Maine-et-Loire. Ses parents le sont aussi. C’est d’une grande violence. Il s’agit d’une violation de leur intimité, à la fois de leur lieu de travail et de leur lieu de vie. Il est difficile de ne pas se sentir menacé. Ses actes sont injustifiés, dégradants, humiliants et injustes ».

Un éleveur de porcs a découvert, tagué à l’intérieur de son bâtiment d’élevage, ce type ces inscriptions ©FDSEA 49

L’agriculteur a déposé plainte auprès de la gendarmerie. Une enquête est en cours. La FDSEA et Jeunes agriculteurs (JA) du Maine-et-Loire (49) demandent la mise en place « au plus vite » d’une cellule Demeter dans le département, afin d’assurer le suivi des atteintes au monde agricole. « Nous avions rencontré le préfet dans ce sens fin juin. Cette nouvelle attaque va accélérer le processus de mise en place de la cellule, nous a assuré ce matin la préfecture», indique Emmanuelle Henry.

La pression monte

Les agriculteurs du département disposent déjà d’une application Vigie 49, en cas de vol ou de dégradation. « Nous avons de très bonnes relations avec la gendarmerie, poursuit la directrice du syndicat. Cela se passe très bien, mais cela n’empêche pas les intrusions, et personne n’est attrapé au bout du compte.

« S’il le faut, nous monterons la garde dans toutes nos exploitations, dans le respect de la loi, bien entendu et en partenariat avec les services de gendarmerie du département, précise un communiqué commun de la FDSEA et JA 49, daté du 13 août 2020. Le travail fait par les agriculteurs est suffisamment exigeant. Ils n’ont pas besoin de pression supplémentaire.

Les actes se multiplient

Le 13 août 2020, un éleveur de Vendée faisait le constat de menaces cette fois-ci sur le camion d’un négociant venu lui livrer des broutards :

Dans la nuit du 5 au 6 août 2020, un éleveur de Loire-Atlantique a lui aussi été la victime d’instrusions et d’inscriptions sur son bâtiment :

Rosanne Aries