Lutter contre un phénomène « inacceptable », et « assurer la sécurité des agriculteurs », c’est l’ambition de la cellule Demeter de la gendarmerie nationale. Créée en octobre dernier, la cellule Demeter a été présentée par le ministre de l’Intérieur le 13 décembre 2019, à Saint-Pabu, dans le Finistère. Pour l’occasion, le ministère était aux côtés de Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et de José Jaglin, secrétaire général de JA.

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L’antispécisme, un axe prioritaire du renseignement

Entre le 1er janvier et le 30 novembre 2019, ce sont près de 14 500 exploitations qui ont été victimes de faits délictueux (donnée de la gendarmerie nationale). Parmi ces faits, on recense 1 000 intrusions « de militants antispécistes », dans les élevages en 2019. Lors de son déplacement, le ministre a fermement condamné ces actes. Il estime que si l’on a le droit d’être végétarien, « on n’a pas le droit d’imposer à quiconque son propre choix ».

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Christophe Castaner a demandé que l’antispécisme devienne un des axes prioritaires du renseignement. « Nous allons renforcer les moyens dans le monde judiciaire, en coordonnant au niveau national, afin de lier des faits qui peuvent apparaître non liés, pour ensuite constituer des associations de malfaiteurs sur lesquelles nous devons enquêter », a-t-il précisé.

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La cellule Demeter doit ainsi permettre de mieux connaître les groupes extrémistes à l’origine des atteintes, d‘anticiper et de prévenir leurs actions, de pouvoir gagner en efficacité par des actions et des enquêtes mieux coordonnées et, enfin, d’améliorer la coopération entre le monde agricole et la gendarmerie.

Améliorer la communication entre gendarmerie et agriculteurs

Une convention de partenariat tripartite a aussi été signée entre le ministère de l’Intérieur, la FNSEA et JA afin notamment d’instaurer un échange régulier et réciproque entre les agriculteurs et le gouvernement. Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, souligne que cette signature fait suite au travail syndical conduit pour dénoncer les actes criminels qui visent les agriculteurs. « Les agriculteurs sont aujourd’hui dans l’incertitude et craignent que leur exploitation fasse l’objet d’intrusion ou d’incendie », insiste la présidente de la FNSEA. Pour elle, cette crainte est accentuée par la proximité entre lieu de vie et lieu de travail.

Dans le cadre de la cellule Demeter, la gendarmerie nationale, à l’occasion d’actions de prévention dans les exploitations, incite d’ailleurs les agriculteurs à signaler tout comportement anormal afin que ces renseignements soient pris en compte par la cellule. Ces informations doivent donc permettre de désigner des phénomènes naissants, alerter par SMS les agriculteurs et, enfin, identifier plus aisément les auteurs.

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Marie-Astrid Batut avec l’AFP