La deuxième plus grande centrale photovoltaïque de France, installée dans la Meuse sur une ancienne base aérienne de l’Otan, va commencer à fournir de l’électricité au réseau le samedi 1er mai 2021.

En bordure des pistes qui accueillaient jadis les avions de chasse, sur cette ancienne base utilisée par les forces armées canadiennes, les panneaux solaires s’étendent à présent à perte de vue : environ 364 000 modules solaires sont installés sur une surface de 155 hectares.

Deux sociétés se partagent les lieux, TSE et Enerparc. Elles ont investi au total 80 millions d’euros dans ce projet, à parts égales.

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Des moutons pour désherber

Particularité de l’installation, « TSE a délégué la gestion des espaces enherbés à un jeune éleveur ovin local en agriculture biologique qui a pu s’installer grâce à ce projet », indique encore l’entreprise. Concrètement, ce sont donc ses moutons qui pâtureront au pied des panneaux solaires.

« Plusieurs éléments font qu’on ne peut que se ravir de ce projet », souligne Éric Dumont, président de la communauté de communes du Pays de Montmédy, propriétaire du terrain.

« Au niveau transition énergétique c’est une excellente contribution : la deuxième centrale photovoltaïque de France, ce n’est pas rien. Et cela nous permet de maîtriser une friche militaire, ce qui n’est pas simple à gérer », ajoute l’élu, qui chapeaute 25 communes pour un bassin de population de 7 300 habitants.

Éric Dumont insiste en outre sur « le double aspect écologique », avec l’installation du jeune berger, et une partie de l’ancienne base également convertie en petite réserve ornithologique pour la protection du passereau.

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Un projet bien accepté par les habitants

Éric Dumont évoque également « l’attractivité que ça peut amener sur le territoire » et explique que ses habitants sont favorables au projet : « Les installations n’ont pas d’impact visuel, ce n’est pas comme des éoliennes, c’est discret. »

TSE va « commencer à intégrer progressivement de l’énergie dans le réseau à partir de samedi 1er mai 2021 et fonctionnera dans son intégralité à partir du 1er juin », a expliqué une porte-parole. L’autre moitié de la centrale, gérée par Enerparc, a pris un peu de retard et entrera en service à son tour vraisemblablement en septembre 2021.

« Avec une puissance installée de 152 MWc (mégawatts-crête), la centrale dégagera une production totale d’environ 156 gigawattheures par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 23 000 habitants », précise TSE dans un communiqué.

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AFP