À l’occasion de la journée mondiale du lait, le 1er juin, France Terre de lait, qui représente les savoir-faire de la filière laitière française, proposait une matinée portant sur l’attractivité du métier et le renouvellement des générations. Deux enjeux forts alors que 42 % des éleveurs laitiers ont plus de 50 ans.

Un secteur qui recrute

« Les opportunités d’emploi ne sont pas saisies à la hauteur des besoins de la filière », explique Benoît Royer, du Cniel (interprofession). En effet, seuls deux départs à la retraite conduisent à une installation dans le secteur du lait. En aval de la production, 15 % des postes en CDI sont pourvus, après être restés une année vacants.

En France, la ferme laitière est de type familial, avec 90 000 chefs d’exploitation et 17 000 salariés, et c’est aussi la première entreprise agricole pourvoyeuse d’emplois non-salariés. Mais depuis quelques années, l’emploi de main-d’œuvre décroît deux fois plus vite (–3 %) que pour les autres productions agricoles.

François Purseigle, sociologue, souligne également de nouvelles formes d’installations : l’association, la diversification ou l’intégration de nouveaux métiers, et enfin la délégation.

Mais il observe aussi une nouvelle typologie de porteurs de projets. Les jeunes s’installent plus tardivement et la pluriactivité concerne 30 % de ceux qui rentrent dans le métier.

Permettre la juste rémunération des éleveurs

Intervenu pour conclure la matinée, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a délivré ses solutions pour répondre à l’enjeu du renouvellement des générations dans la filière laitière. « La passion ne peut pas tout, a-t-il déclaré. Elle est nécessaire mais il y a la question de la rémunération. »

Si le ministre mise sur la création de valeurs au sein de la filière, il mise également sur la juste rémunération des éleveurs. La loi Egalim a permis d’avancer, mais il est nécessaire d’aller plus loin avec un nouveau projet de loi pour « que le marché prenne en compte les coûts de production, a précisé Julien Denormandie. La loi Egalim va être renforcée, c’est une impérieuse nécessité ».

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Autre point sur lequel le ministre souhaite agir : avoir des normes communes à l’échelle européenne. « Il n’est pas possible de demander aux uns de porter le fardeau des autres », a-t-il souligné, rappelant qu’il se positionnait en faveur de normes environnementales et sociales standardisées sur le marché commun.

Alessandra Gambarini