« Les demandes de dérogations à la mise à l’abri, tout comme la présence de basses-cours dans les sites d’élevages, sont le signe d’une perception du risque et d’une compréhension de la biosécurité encore insuffisante », tranche l’Anses (1), dans un second avis relatif à un retour d’expérience sur la crise de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) 2020-2021, publié le 19 novembre 2021.

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Éviter la diffusion du virus

Plus encore que le risque d’introduction en élevage, l’Anses considère que la principale marge de progression sur le terrain en matière de biosécurité est attendue sur « la probabilité de diffusion virale ». Or « l’absence de mise à l’abri des oiseaux a un impact extrêmement fort sur le risque de diffusion du virus de l’IAHP entre élevages, d’autant plus que la densité d’élevages détenant des animaux en plein air est importante dans la zone ».

Si une « moindre importance des flux professionnels [de véhicules, de matériel, de personnes, NDLR] diminue le risque de diffusion virale », le groupe d’expertise collective d’urgence (Gecu), auteur de cette publication, considère que « le poids du facteur de risque lié à la présence de canards en plein air est plus important que celui lié aux flux, dans des contextes de fortes densités. Ce constat démontre l’impérieuse nécessité d’une mise à l’abri des oiseaux pendant les périodes à risque. »

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Adapter les mises en place

Se concentrant essentiellement sur facteurs de risque liés aux élevages de canards de la filière des palmipèdes à foie gras, le Gecu recommande que les mises en place de canards réalisées en été, en vue des productions d’hiver, soient « effectivement compatibles avec une mise à l’abri pendant la période à risque modéré et/ou élevé ».

En cas d’impossibilité de mise à l’abri le moment venu, « une réduction des effectifs devrait être mise en œuvre pour permettre la mise à l’abri de tous les oiseaux restants dans l’élevage. » Dans les zones où le nombre d’installations permettant une mise à l’abri n’est pas suffisant, l’Anses recommande que les dispositifs alternatifs « fassent l’objet d’un suivi approfondi à l’étape prototype ».

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Vincent Guyot

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.