« L’épisode très violent d’influenza aviaire qui frappe les élevages depuis près de deux mois est en voie de stabilisation, la filière se mobilise désormais sur l’analyse des différents facteurs et prépare la sortie de crise », assure le Comité professionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), dans un communiqué publié le 2 février 2021.

L’interprofession estime nécessaire « d’étudier précisément les caractéristiques de cet épisode pour prendre au plus vite les mesures adéquates en concertation avec tous les acteurs de la filière ». Elle souligne également « qu’en période à risque, la mise à l’abri de tous les animaux pour les protéger d’une contamination par les oiseaux sauvages est une nécessité temporaire et ne remet absolument pas en cause la pratique de l’élevage en plein air. »

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« Trop forte densité d’élevages et de canards »

Car selon Gilles Salvat, directeur général délégué à la recherche à l’Anses, « les oiseaux sauvages sont particulièrement attirés par les animaux avec des biologies d’espèces proches et donc par les canards sur parcours ». Il rappelle néanmoins que le nombre de foyers initiaux dus à l’introduction par la faune sauvage est faible. « Les virus se sont propagés à partir de ces foyers initiaux trouvant, du fait de la trop forte densité d’élevages et de canards, les conditions propices à leur multiplication et à leur transmission. »

Le responsable de l’Anses plaide pour un confinement total des volailles pendant la période à risque, impliquant une diminution de la densité d’animaux dans les bâtiments. Il encourage également « la réduction de la distance à laquelle les animaux sont déplacés au cours du process de production », afin d’éviter la dissémination du virus sur de grandes distances. « Tout cela devra être conduit dans le respect très strict des mesures de biosécurité », insiste-t-il.

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« La vaccination doit être autorisée »

Parmi les autres moyens de lutter contre l’influenza aviaire hautement pathogène, Gilles Salvat estime que la vaccination, « pour l’instant interdite en Europe, doit être autorisée. Cette autorisation nécessite une concertation entre les filières avicoles pour peser le risque et une négociation contractuelle entre autorités sanitaires pour justifier de son usage, et éviter des réactions commerciales négatives. »

Plusieurs conditions sont toutefois nécessaires à la réussite d’une stratégie vaccinale. « Elle ne peut être envisagée qu’avec des vaccins capables à la fois de prévenir les symptômes chez les animaux infectés et d’empêcher l’excrétion virale chez ces mêmes animaux. Ce n’est pas le cas des vaccins disponibles actuellement », indique Gilles Salvat.

Par ailleurs, le vaccin doit être adapté à la souche circulant au sein de la faune sauvage. « Compte tenu des délais de production et de mise en œuvre des vaccins, il faut être capable de prévoir quelle sera la nature de cette souche au printemps qui précède la vaccination qui pourrait être mise en place au début de l’automne suivant. »

Vincent Guyot