« Avec la participation de tous les salariés […], une première bataille vient d’être gagnée en répondant quasi instantanément à l’explosion de la demande des circuits commerciaux classiques, que sont les GMS et les artisans bouchers. Mais le combat n’est pas terminé », estime Culture Viande, dans un courrier envoyé au gouvernement le 20 mars 2020.

« Nous avons, certes, maintenu des abattages soutenus les deux dernières semaines en porc comme en bœuf, mais nous n’avons aucune certitude qu’il en sera de même cette semaine. Comme dans toute crise, nous vivons au jour le jour et l’inquiétude est toujours persistante », témoigne Mathieu Pecqueur, le directeur général de Culture Viande ce 23 mars 2020.

Près de 10 % d’absentéisme

« Aujourd’hui, nos motifs d’inquiétude sont doubles. En premier lieu, il est impératif de maintenir notre activité de production. Pour cela, il faut que nos salariés soient présents », explique Mathieu Pecqueur. Au regard de l’expansion de l’épidémie et des mesures de durcissement mises en place par le gouvernement, Culture Viande recensait un taux d’absentéisme avoisinant les 10 % la semaine passée. « Il ne faut pas que ces absences continuent de s’accroître. Nous sommes inquiets et ne savons pas comment nos salariés vont réagir face au probable prolongement des mesures de confinement », confie le directeur général du syndicat.

Le deuxième risque pour la filière de la viande concerne la sécurisation de la chaîne de production. Les entreprises d’abattage, de découpe et de préparation ne peuvent assurer le maintien de leurs services sans le bon fonctionnement des activités connexes. « Nous n’aurions pas les capacités de stockage suffisantes si les équarisseurs cessaient de passer. Il en est de même pour les coproduits. Nous sommes aussi très dépendants des livraisons de fluides frigorigènes et d’emballages pour conditionner les produits. Ainsi, au-delà de nos effectifs, nous avons besoin que toutes les activités de la filière continuent de se mobiliser », ajoute Mathieu Pecqueur.

« Le discours du gouvernement doit être clair »

« Le courrier de Bruno Lemaire et de Didier Guillaume, diffusé le 18 mars 2020 au secteur agroalimentaire, qualifié de maillon essentiel, a eu une portée positive au sein de nos équipes, indique Mathieu Pecqueur. Mais les messages du gouvernement peuvent paraître contradictoires : il insiste sur l’importance de rester chez soi au vu de l’aggravation de la situation, mais également de continuer à travailler pour les acteurs de la chaîne alimentaire. En conséquence, les salariés sont dans l’incompréhension. »

C’est pourquoi, dans un contexte où l’incertitude grandit chaque jour, Culture Viande requiert un discours clair, permettant aux salariés des secteurs d’activités considérés comme prioritaires de poursuivre leur activité.

Lucie Pouchard