« J’ai tout perdu, je n’ai plus rien. » Julien Hertault, gérant de la ferme de Saint-Philibert à Rimboval, était dans son champ ce mardi 22 septembre 2020 lorsqu’il a vu les flammes au loin. Son hangar de 1 200 m2 était en train de brûler avec ses bêtes à l’intérieur. Il a donné l’alerte aux pompiers à 17h54, note un pompier du SDIS62. « Une trentaine d’hommes » s’est dépêchée immédiatement sur les lieux de l’incendie, venue des casernes de Fruges, Hucqueliers, Montreuil et Fauquembergues.

Onze taurillons et une vache ont péri

Comme le relate un pompier de Fruges à La France Agricole, le premier réflexe de cet agriculteur de 36 ans a été de courir vers son hangar pour tenter de sauver ses bêtes. Certaines d’entre elles ont pu être mises à l’abri, mais onze taurillons et une vache ont péri dans les flammes, détaille encore Julien Hertault, « choqué » par ce violent incendie auquel il a dû faire face. Neuf bovins intoxiqués par la fumée ont également dû aller à l’abattoir après le passage d’un vétérinaire ce 23 septembre 2020 au matin.

À côté du hangar de 1 200 m2 dont il ne reste plus rien, un tracteur et une mélangeuse ont été brûlés. À cela s’ajoute tout le stockage de fourrage que l’éleveur entreposait pour nourrir son cheptel cet hiver : paille, foin et lin.

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« Tout a été détruit »

Le maire de cette commune du Nord-Pas-de-Calais, Nicolas Pichonnier, s’est rendu aux côtés de Julien Hertault pendant près d’une heure hier soir. « J’y suis allé par soutien pour l’exploitant, même si je ne pouvais pas faire grand-chose. » Et de constater : « tout a été détruit ! »

À côté du hangar de 1 200 m2 dont il ne reste plus rien, un tracteur et une mélangeuse ont été brûlés. © GoogleMaps

Après un malaise survenu hier, l’éleveur de 36 ans dit « aller mieux » aujourd’hui, car, surtout, « il faut que ça aille. » Prochaine étape pour lui, « chercher un lieu pour accueillir » ses 120 autres bêtes qui ont survécu. Certaines vaches allaitantes sont encore en pâture, mais d’autres étant à l’engraissement, le but est de les mettre à couvert pour l’hiver.

« Je vois mal comment un bâtiment pourrait être remonté d’ici à novembre ou décembre prochain », juge le maire de Rimboval. Mais heureusement pour cet éleveur « très entouré de ses proches », son cheptel pourrait être accueilli par des membres de sa famille agriculteurs eux aussi, relativise Nicolas Pichonnier.

Quant à l’origine de l’incendie, « une enquête aura lieu », explique, François Leduc, chef adjoint au SDIS62 encore sur place ce matin. À midi, ils étaient trois à continuer de circonscrire le feu. « On laisse les résidus brûler pour limiter le volume à évacuer et on reste en surveillance. » Désormais, il faut espérer que le vent se calme et que la pluie fasse son apparition.

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Raphaëlle Borget et Oriane Dieulot
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Hausse inattendue dans les laitières

En femelles allaitantes, les cours sont reconduits. Du côté des réformes laitières, l’offre de la semaine se montre insuffisante pour satisfaire la demande, ce qui oblige les industriels à accorder quelques plus-values dans les bonnes vaches prim’holsteins, normandes et montbéliardes. Cette position inédite à cette saison reflète un marché en tension au niveau de l’offre, face à une demande soutenue en production laitière. En jeunes bovins, les besoins sur le marché intérieur comme à l’exportation restent soutenus.