La hausse des prix et le manque de disponibilités en viande porcine encouragent les consommateurs chinois à se tourner vers d’autres ressources protéiques animales. « Si la volaille demeure le premier choix, en raison de son prix et de sa présence dans les rayons, la viande bovine pourtant déjà chère, apparaît comme une des alternatives au manque de viande porcine dans le pays », expliquent les experts d’Abcis (1) dans un document diffusé le 20 janvier 2020.

Un prix record au détail

10 €/kgC’est le prix moyen au détail de la viande bovine, un record pour la Chine après une hausse exponentielle à l’automne et à l’entrée de l’hiver.

L’année 2019 a été marquée par une forte hausse de production chinoise de viande bovine, atteignant ainsi un record historique à 6,67 millions de tonnes-équivalent carcasse (tec). Pourtant, « l’offre n’a pas pu satisfaire la hausse soudaine de la demande et les prix se sont envolés », souligne Abcis. La progression des prix s’établit à +20 % depuis mai, « date du début de la hausse et fait à nouveau de la viande bovine la viande la plus chère en Chine ».

L’origine sud-américaine prévaut

Les importations chinoises de viande bovine (hors Hong Kong) ont franchi un « nouveau palier », d’après les experts. Sur les onze premiers mois de l’année, elles atteignent 1,85 million de tec, soit 57 % de plus qu’en 2018 et deux fois plus qu’en 2017. « Sur l’année, les importations devraient atteindre 2 millions de tec », calcule Abcis. Avec des volumes supplémentaires nets importés établis autour de 300 000 tec, la Chine affirme sa place de leader importateur.

Quant aux fournisseurs de viande bovine à la Chine, leur nombre est très limité : « 95 % des volumes proviennent de cinq pays. » L’Argentine et le Brésil se disputent la première place. L’entrée de la viande brésilienne sur le sol chinois a été quelque peu perturbée, faisant suite à la découverte d’un cas d’ESB, mais les exportations restent à la hausse en 2019. Quant aux envois argentins, ils ont doublé en un an tout comme ceux de la Nouvelle-Zélande. Ceux de l’Australie [le troisième fournisseur de la Chine] affichent une hausse de 75 % par rapport à 2018, encouragés par la décapitalisation du cheptel fortement impacté par les sécheresses cumulées.

En Europe, c’est l’Irlande qui s’impose comme premier exportateur, avec 8 000 tec sur les onze premiers mois de 2019. Quant à la France, les exportations vers la Chine se renforcent « depuis la concrétisation des démarches des entreprises françaises au cours de l’été 2019 et la visite du président français au début de novembre ».

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Les envois français étaient chiffrés à plus de 200 tec sur les 11 premiers mois, « et sont passés à 800 tec, à la suite de la visite présidentielle, a estimé Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine (FNB) lors d’une conférence de presse le 15 janvier 2020. La dynamique est enclenchée, et l’ouverture sur les marchés à l’exportation comme celui de la Chine donne aux éleveurs français un levier supplémentaire pour les négociations commerciales avec les distributeurs. »

Lucie Pouchard

(1) Société de services créée par l’Ifip, l’Institut de l’élevage (Idele) et l’Institut technique de l’aviculture (Itavi).