En 2018, près de 80 000 tonnes d’emballages et plastiques agricoles usagés ont été collectées puis recyclées à hauteur de 90 %, grâce à la filière Adivalor, un système organisé qui existe depuis 2001. Rémi Haquin, son président, et Pierre de Lépinau, son directeur général, sont revenus sur ses enjeux et défis à l’occasion d’une conférence le 25 février 2020 au Salon international de l’agriculture.

Une filière performante

« Les objectifs de la loi sur l’économie circulaire ont déjà été atteints par Adivalor », se félicite Rémi Haquin. Avec un taux de recyclage des emballages plastiques de 67 % en 2018, la filière a en effet dépassé les 50 % en 2025 prévus par la loi. Et Pierre de Lépinau de rappeler qu’en France, ce taux se situe autour de 26 % pour les industriels et les ménages. « Le secteur agricole est le seul à être organisé et à atteindre une telle performance de collecte des déchets », indique-t-il.

Cette performance passe par une maîtrise de la logistique et des coûts, « et le caractère volontaire de la démarche entraîne l’adhésion des agriculteurs », affirme Rémi Haquin. La filière fonctionne grâce au tri réalisé à la source, par les agriculteurs. Elle bénéficie du soutien des pouvoirs publics, sous la forme de deux accords-cadres. « Nous sommes d’accord pour construire des objectifs avec eux, nous acceptons leurs contrôles, mais nous avons souhaité rester pilote des moyens, pour être efficaces », poursuit le président.

Objectif 100 % recyclé

« Il reste des défis à relever, expose Pierre de Lépinau. D’abord, viser le 100 % de collecte, qui implique un gros travail de sensibilisation. Il reste des territoires à conquérir sur le grand quart sud-est de la France. Nous souhaitons aussi élargir l’éventail des solutions de collecte. » En 2020 est engagée une nouvelle initiative avec la filière de production animale sur la collecte des emballages d’hygiène animale.

Adivalor compte aussi sur le 100 % de recyclage pour les déchets plastiques, en incitant notamment l’incorporation des plastiques recyclés dans les nouveaux produits. « On manque encore de débouchés, se désole le directeur général. Il faut aussi développer de nouvelles unités de recyclage. » Un projet de recyclage des filets de balles rondes — aujourd’hui impossible — est en préparation et devrait voir le jour d’ici à 2022. Le recyclage des big-bags, limité alors que 8 000 t sont collectées chaque année, est aussi en projet. Un travail doit également être effectué au niveau de l’exploitation sur le nettoyage des déchets souillés par la paille, la terre, qui rendent difficile le recyclage.

J. Papin