« Il est essentiel de combattre les émissions [de méthane] pour atteindre nos objectifs climatiques à l’horizon de 2030 et l’objectif de neutralité climatique à l’horizon de 2050 », a déclaré la Commission européenne dans un communiqué de presse diffusé le 14 octobre 2020. La stratégie présentée ce même jour a pour objectif la réduction des émissions de ce gaz à effet de serre « en Europe et au niveau international ».

Les domaines de l’énergie, de l’agriculture et des déchets sont particulièrement ciblés puisqu’ils représentent 95 % des émissions de méthane liées à l’activité humaine, selon la Commission. Des propositions législatives de l’Union européenne sont attendues pour 2021.

Priorité à l’amélioration des mesures d’émissions

« L’une des priorités […] est d’améliorer la mesure et la déclaration des émissions de méthane », peut-on lire dans le communiqué. En partenariat avec différents acteurs du secteur de l’environnement (1), la Commission soutiendra « la création d’un observatoire international indépendant des émissions de méthane, aujourd’hui inéxistant. L’observatoire collecterait, recouperait, vérifierait et publierait les données sur les émissions de méthane [liées à l’activité humaine] au niveau mondial ».

Cet observatoire aura pour objectif de normaliser les mesures, permettant ainsi de « renforcer la transparence » dans les émissions mondiales de méthane. Il couvrirait dans un premier temps les émissions provenant de certains secteurs de l’énergie. La Commission envisage toutefois de l’étendre, entre autres, aux déchets et à l’agriculture, une fois qu’une méthodologie de récolte et de traitement de données fiable aura été mise en place. La définition de ces méthodologies devrait commencer immédiatement, a-t-elle rajouté.

Quelles mesures pour les émissions d’origine agricole ?

La Commission a annoncé vouloir améliorer « la déclaration des émissions d’origine agricole » à l’aide d’une collecte de données plus performante. Le soutien de la politique agricole commune (Pac) est également attendu pour « encourager les possibilités de réduire les émissions ».

La Commission entend « promouvoir de meilleures pratiques et technologies, la séquestration du carbone et des changements dans les pratiques d’élevage et l’alimentation animale ». Elle rajoute que la modification du régime alimentaire des ruminants représente le plus grand potentiel de réduction des émissions de méthane. En plus de leur impact environnemental positif, ces actions pourraient bénéficier aux éleveurs et aux animaux grâce à des réductions de coûts et des améliorations du bien-être animal, toujours selon la Commission.

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La production de biogaz encouragée

La production de biogaz à partir de déchets et de résidus organiques non recyclables sera soutenue par la Commission, celle-ci estimant que ces filières pouvaient « générer des revenus supplémentaires dans les zones rurales tout en évitant des émissions de méthane ».

Afin de faciliter l’accès à la production de biogaz « distribué et connecté au niveau local », la Commission a affirmé qu’elle réexaminerait « le cadre réglementaire du marché du gaz ». La révision de la directive sur les énergies renouvelables, prévue en juin 2021, « offrira des possibilités d’accélérer le développement de ce marché », a-t-elle rajouté.

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Raphaëlle Borget

(1) le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), la Coalition pour le climat et l’air pur (CCAC) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE).