Il aura fallu pas moins de trois heures et l’intervention d’une quinzaine de personnes pour stopper la course folle d’un taurillon à Saint-Grégoire, en Bretagne.

Le mercredi 6 janvier 2021, un jeune ruminant mâle de près de 400 kg a brisé la clôture de son enclos pour s’engouffrer aux heures de pointe matinale sur une départementale en direction du centre-ville de cette commune au nord de Rennes. Le responsable de la police municipale de Saint-Grégoire, Joël Quilleré, raconte à La France Agricole cette course-poursuite.

« Des appels de panique, de frayeur »

Il était près de 8h10 ce mercredi matin lorsque le téléphone de la police municipale de Saint-Grégoire ne cesse de sonner. Au bout du fil, des automobilistes et des passants qui signalent la présence d’une vache en divagation sur la départementale 82 « hautement fréquentée », au niveau de la commune de Melesse.

« On a eu des appels de panique, de frayeur ! Mais c’est grâce à cette affluence qu’on a pu tracer le parcours de l’animal. Deux de mes agents affairés au marché hebdomadaire sont immédiatement partis à la recherche » du bovin, relate Joël Quilleré de la police municipale de Saint-Grégoire.

Le taurillon était dans un champ clôturé à 3 kilomètres environ du centre-ville de la commune de Saint-Grégoire, au nord de Rennes. © Google Maps

Le taurillon « affolé » charge un agent de police et un élu

Ils se sont vite rendu compte qu’il ne s’agissait pas d’une vache. « C’était un taurillon d’environ 400 kg », précise Philippe Chuberre, agriculteur et élu municipal de la commune qui s’est également rendu sur place. « On a failli aller à la catastrophe car il est passé à même pas 100 mètres du marché. On a eu de la chance ! », explique-t-il.

D’autant que la bête égarée était « affolée, voire agressive, renchérit Joël Quilleré. Elle a chargé un collègue qui l’a évité de justesse. » Philippe Chuberre en a aussi fait les frais : « Le taurillon m’a chargé à deux reprises ! Il y avait un vrai danger. »

Au moment où l’animal s’est enfin « apaisé et tranquillisé » dans une petite ruelle, la présence des deux agents accompagnés de pompiers spécialisés et de l’élu municipal, « a fait fuir le taurillon qui est reparti de plus belle ! », poursuit Joël Quilleré.

« Plus ils lui couraient après, plus l’animal avait peur et s’enfuyait. Tout avait été mis en œuvre pour mettre un terme à la situation mais le taurillon en avait décidé autrement ! »

Le taurillon s’est échappé sur la route départementale 82 « hautement fréquentée », en direction du centre-ville de Saint-Grégoire. © Ph. Chuberre

Une bétaillère et une fourche dépêchées sur place

Après plus de 1,5 kilomètre de course, le taurillon a finalement décidé de rebrousser chemin. « Il devait avoir un GPS car il est reparti d’où il était venu, sur la route de Melesse », ironise Joël Quilleré.

Ce n’est que vers 10h30 que les équipes présentes sont parvenues « à faire en sorte que l’animal aille dans un champ », loin de la circulation dense. Deux seringues d’anesthésiant lui ont ensuite été injectées et le jeune taurillon a fini par s’endormir.

Mais l’animal étant inerte, les équipes ont dû demander l’aide d’un agriculteur et de sa fourche pour installer le taurillon dans la bétaillère.

Le taurillon a été anesthésié dans un champ loin de la circulation avant d’être tiré par un tracteur pour le déposer, endormi, dans une bétaillère. © Police municipale de Saint-Grégoire

« En parallèle, j’ai réussi à retrouver la trace du propriétaire, un vendeur de bestiaux à trois kilomètres du cœur de la ville, raconte encore le représentant de la police municipale de Saint-Grégoire. Le taurillon parqué dans un champ bordant la départementale a brisé sa clôture et s’est retrouvé dans le flux de circulation. Il a certainement paniqué et c’est là qu’il a dû se mettre à courir vers le centre-ville. »

Quant aux dégâts, « il y a des bris de clôture sur deux maisons dans le centre, mais c’est un moindre mal. On a évité un drame ! », reconnaît, soulagé, Joël Quilleré.

Oriane Dieulot
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

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Le recul de l’offre engendré par les congés d’été dans certaines structures commerciales, et les moissons qui accaparent les éleveurs, risquent d’entraîner un déficit important des volumes la semaine prochaine. Il pourrait être particulièrement marqué dans le grand Ouest, principale zone de production laitière.