« Comme du caoutchouc », c’est l’aspect du maïs dans certains champs de Haute-Saône, d’après Emmanuel Aebischer, président de la FDSEA 70. Pour lui, la situation sur les trois quarts des surfaces de son département est inquiétante.

Maïs sans épis

Le manque d’eau et la chaleur ont gêné la fécondation des maïs en Haute-Saône. Alors que certaines plantes ne présentent aucuns épis, les agriculteurs ont commencé les travaux d’ensilage. « Chez nous, souligne Emmanuel Aebischer, on n’ensile presque jamais avant le milieu du mois de septembre ».

Ce département a reçu près des trois quarts de son volume habituel de précipitations entre janvier et mars, mais rien depuis. « Quand on voit un nuage noir qui arrive, on a de l’espoir, confie-t-il, mais on entend deux coups de tonnerre et il passe. »

En Alsace aussi, l’espoir de récolter un ensilage de maïs de qualité s’est éloigné. « Nous aurons la quantité nécessaire, estime Dominique Daul, éleveur et céréalier dans la région, mais le pourcentage d’amidon sera faible. » En grain, les pertes de rendement pourraient atteindre 30 à 50 % selon les secteurs.

Luc Servant, président de la chambre d’agriculture de Charente-Maritime, constate lui aussi une avance de deux semaines. « Certaines plantes ne finiront pas leur cycle », constate-t-il.

Prairies en berne

« On nourrit les bêtes comme en hiver, poursuit Emmanuel Aebischer, les exploitants utilisent déjà leurs stocks de fourrage. » Après une bonne première coupe, la sécheresse n’a pas permis d’en faire une seconde. Une opération « paille » a été organisée avec la Marne à l’initiative du syndicat. Près de 1 000 t devraient arriver dans les prochains jours pour soulager une quarantaine d’agriculteurs.

Selon Dominique Daul, dans les prairies, « il n’y a plus de rattrapage possible ». Des pluies réellement importantes seraient la seule solution, et les prévisions actuelles ne permettent pas d’être optimiste. « Pour les éleveurs qui vont devoir s’approvisionner, déplore Luc Servant, ça va être très compliqué. ». La remontée du cours des céréales qui s’ajoute à ces conditions ne joue pas en faveur du secteur animal.

Ivan Logvenoff