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Branle-bas de combat face à la sécheresse

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Fourrages
 - Branle-bas de combat face à la sécheresse
© FDSEA de la Haute-Saône

L’achat de paille et de fourrages s’organise pour faire face à la « fonte » estivale des stocks.

Les prairies sont réduites à l’état de paillasson un peu partout dans l’Hexagone. Dans l’Est, le phénomène est plus marqué cette année. « Nos vaches reçoivent une ration hivernale depuis deux mois et demi, déplore Philippe Monnet, président de la FDSEA du Doubs. Nous n’avons pas vécu une telle situation depuis 2003. » Les responsables syndicaux du département sont en pleine réflexion pour mettre en place des stratégies d’approvisionnement d’urgence de paille et de fourrages en plus de celles qui existent.

Des partenariats réguliers

Depuis 2011, d’autres départements ont noué des relations régulières pour acheter de la paille. C’est le cas de la FDSEA de la Mayenne et de la FDSEA de l’Eure-et-Loir par exemple. « Nous venons de trouver un transporteur pour nous approvisionner mais les rendements en paille, plus faibles que d’habitude, renforcent la tension sur les échanges, souligne Philippe, Jehan, le président de la FDSEA de la Mayenne. D’autant que les Pays-Bas et la Belgique viennent acheter de plus en plus sur notre territoire. »

Philippe Jehan calcule qu’il faudra au moins deux ans aux exploitations pour se remettre de cette sécheresse. « Celles en situation de fragilité financière sont plus exposées, ajoute-t-il. Ces structures ont moins de moyens pour anticiper les aléas et faire des stocks. Elles achètent au dernier moment au prix fort. » Tout le monde risque néanmoins d’être impacté. « Les rendements des ensilages de maïs devraient être réduits et ceux qui vendent habituellement une partie de leur sole en grain devront l’ensiler au lieu de la vendre et cela pèsera sur les trésoreries. »

Réfléchir à des solutions sur le long terme

Dans le Doubs, Philippe Monnet estime qu’il faudra aussi penser à des solutions techniques sur le plus long terme : l’implantation de la luzerne plus résistante aux déficits hydriques, par exemple. Dans un avenir plus proche, il prévoit une baisse des cheptels cet hiver. « Nous prenons des contacts avec nos clients habituels pour exporter davantage de génisses montbéliardes. Nous en garderons un peu moins sur nos exploitations pour limiter les besoins en stocks cet hiver. » La production laitière devrait continuer à diminuer.

Philippe Monnet compte aussi sur les États-généraux de l’alimentation et la réforme fiscale pour prendre en compte les à-coups climatiques. La repousse automnale sera en tout cas déterminante pour les comptes des exploitations. Si les pluies reviennent, il faudra un mois avant que les animaux puissent ressortir au pâturage. « Mais s’ils en profitent tard avant l’arrivée de l’hiver et que le printemps est précoce », cela pourrait éviter de puiser trop dans les stocks, espère-t-il.

M.-F. M.
Une bourse d’échange des fourrages bio dans le Grand Est

Le déficit hydrique que subit l’est de la France induit une pénurie de fourrages qui menace les réserves hivernales. À l’inverse, des producteurs ont de la marchandise disponible à la vente : foin de sainfoin, paille d’avoine, seigle, méteil… Afin de mettre en relation ces vendeurs avec les éleveurs en recherche, le réseau bio Grand Est met en place une bourse d’échange pour ses adhérents. Vendeurs et acheteurs peuvent également contacter leurs antennes régionales en Champagne-Ardenne, Lorraine et Alsace.

D. P.
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