Frappée par l’épizootie d’influenza aviaire de type H5N1, la filière du foie gras voit sa production perdre 28 %. Ce constat, publié par le ministère de l’Agriculture dans une note Agreste, résulte d’une forte baisse des mises en place de canetons à gaver en 2016 : 22,6 % de moins par rapport à 2015. Aussi, la production française de foie gras affiche, en 2016, près de 14 000 tonnes.

À la fin de 2016, de nouveaux foyers détectés dans le Sud-Ouest provoquent un abattage préventif de volailles, ordonné dans certaines zones en vue de juguler au plus vite l’épizootie. En conséquence, faute d’animaux présents dans les exploitations, les abattages du premier trimestre de 2017 se replient de plus d’un tiers. Le Cifog estime qu’au total, 3,7 millions de canards à gaver ont été abattus pour des raisons sanitaires depuis le début de 2017 : 1,4 million dans les élevages touchés par le virus, 2,3 millions abattus de manière préventive.

L’Hexagone reste leader

La France « reste toutefois de loin la première au monde avec 64 % de la production totale devant la Bulgarie (13 %, à 2 700 tonnes) et la Hongrie (18 %, à 3 625 tonnes, dont 1 450 tonnes de foie gras d’oie) », ajoute le ministère. Selon le Cifog, l’interprofession du foie gras, la production mondiale se replierait de 15 % en 2016 par rapport à 2015, à 21 800 tonnes. À elle seule, l’Europe représente 20 500 tonnes.

Les exportations françaises perdent 20 % sur un an, notamment en raison de la perte de débouchés. « C’est surtout l’Asie qui a fortement diminué ses achats par rapport à 2015, précise la note. Et plus particulièrement le Japon avec une chute de 89 %, passant de 664 tonnes en 2015 à 75 tonnes en 2016. » L’épisode d’influenza aviaire a fermé les frontières du pays, qui a interdit les achats de volaille et de produits issus de la volaille française dès le 23 octobre 2015.

Quant aux importations, elles augmentent de 21 %, principalement depuis la Hongrie et la Bulgarie, nos fournisseurs traditionnels.

Déficit du solde commercial

Le solde commercial français du foie gras devient déficitaire en volume, et se réduit fortement en valeur, passant de 56,7 à 22,6 millions d’euros. En 2016, avec l’augmentation des prix, les ménages limitent leurs achats sur l’année, mais cette tendance est moins marquée en fin d’année. « En effet, sur le mois de décembre 2016, le recul des achats n’est que d’environ 3 %, alors qu’il est de plus d’un quart en novembre », constate le ministère.