« Nous revenons de loin. La leçon à tirer de la saison festive de 2020, c’est que face à tant d’adversité, le foie gras reste une valeur sûre », assure Michel Fruchet, président du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), lors d’une conférence de presse le vendredi 5 mars 2021.

La vente directe a la cote

Sur l’ensemble de l’année 2020, les ventes de foie gras pour la consommation à domicile ont connu une croissance « inespérée » de 1,8 % en volume et de 1,4 % en valeur par rapport à 2019. « Le foie gras a ainsi gagné 1,2 million d’acheteurs supplémentaires sur un an, pour atteindre un niveau record de 42,7 % de ménages acheteurs », souligne Marie-Pierre Pé, directrice du Cifog.

S’agissant des canaux de distribution, les hyper- et supermarchés restent majoritaires avec plus de 80 % des volumes écoulés. De son côté, le circuit court a « profité de l’effet du Covid. Les ventes à la ferme ont enregistré des records en 2020, en bondissant de 58,7 % par rapport à 2019 (1) », précise la directrice du Cifog.

Balance commerciale positive

Le commerce extérieur a également souffert du contexte sanitaire en 2020. En volume, exportations de foie gras cru ont reculé de 24 % sur un an, et celles de foie gras préparé de 15 %. En valeur, le repli total est de 19 %. « Il s’agit essentiellement de clients restaurateurs en Belgique et en Espagne, qui ont eux aussi été contraints de fermer leurs établissements. »

En parallèle les importations françaises ont diminué de 36 % en valeur. Par conséquent, la balance commerciale reste positive à 40,3 millions d’euros, soit plus d’un million d’euros supplémentaire par rapport à 2019.

6,7 millions de canards « perdus »

Après une année 2020 difficile, la filière débute 2021 « nettement fragilisée ». Car à la crise du Covid-19 s’ajoute celle du virus H5N8 de l’influenza aviaire hautement pathogène. « Au total, ce sont 6,7 millions de canards estimés perdus pour la production française », estime Marie-Pierre Pé. Ce chiffre comprend les canards abattus préventivement, ceux victimes du virus H5N8, ainsi que les animaux « qui ne pourront pas être mis en production depuis le début de l’épizootie »

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Dans l’hypothèse d’une reprise des activités de transformation en août prochain, le Cifog table sur une production française de foie gras de 11 700 tonnes en 2021, un niveau équivalent à 2017. « Pour le moment, la filière attend le feu vert des autorités vétérinaires pour le redémarrage », indique Michel Fruchet. En 2020, la production française de foie gras s’élevait à 14 600 t, et à près de 16 800 t en 2019.

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Vincent Guyot

(1) d’après Kantar.