« La filière laitière fait preuve d’une relative résilience dans un monde économique fortement perturbé », souligne Benoît Rouyer, directeur du département de l’économie et des territoires au Cniel. Pour le spécialiste, les signaux envoyés par les marchés laitiers mondiaux sont « plutôt favorables » sur le premier trimestre de 2021.

La valorisation beurre poudre progresse

En premier lieu, « les prix des produits laitiers industriels remontent de façon assez nette depuis le début de l’année », rappelle Benoît Rouyer, dans sa note mensuelle de conjoncture mensuelle.

En France, le prix du beurre a grimpé de 650 € la tonne en l’espace de dix semaines, pour s’établir à 3 800 €/t actuellement. De son côté, le cours de la poudre maigre a progressé de 300 €/t depuis le début de l’année et tourne aujourd’hui autour de 2 500 €/t.

La collecte marque le pas

« Cette remontée des cours intervient dans un contexte de légère décroissance de la production laitière en Europe », précise le Cniel. En janvier, la collecte du Vieux Continent a en effet baissé de 0,9 % sur un an. Ailleurs dans le monde, la collecte reste dynamique aux États-Unis, mais elle ne progresse plus en Nouvelle-Zélande.

À l’échelle de la France, la tendance observée en Europe est exacerbée : la collecte affiche un repli de 3 %, en cumul sur les dix premières semaines de 2021. Cela s’explique par « la moindre qualité des fourrages récoltés en 2020 », « une complémentation perturbée par le prix élevé des aliments » et « une contraction marquée du cheptel » de l’ordre de 2 % sur un an.

Finalement, « les inquiétudes quant à la capacité des industriels à gérer le pic printanier de la collecte sont plus mesurées » que l’an passé, conclut l’économiste. En France, le prix de base du lait conventionnel enregistré en janvier (327 €/1 0000 litres) accuse encore un repli de 9 €/1 000 litres sur un an.

Alexandra Courty