En avril 2021, « les abattages de porcins en poids se replient et subissent un creux saisonnier plus marqué que de coutume », rapporte Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans une note de conjoncture publiée le 28 mai 2021. Le tonnage abattu recule de 1,1 % par rapport à avril 2020, malgré des effectifs abattus supérieurs de 1 %. Un « abaissement du poids moyen des carcasses » est en effet observé.

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Les cours « poursuivent leur ascension »

Dans le même temps, le prix du porc en France continue sa dynamique positive, progressant de 15 % entre février et avril 2021, pour s’établir à 1,59 €/kg (classe S entrée abattoirs). Il est en repli de 5,9 % par rapport à avril 2020, mais supérieur de 4,8 % à la moyenne des cinq dernières années.

« En Europe, les cours se stabilisent ou progressent moins vite qu’en France, sauf en Espagne, leader des exportations vers l’Asie », précise le ministère.

En France, le prix de l’aliment pour porcins a en revanche poursuivi son envolée. En mars 2021, il était supérieur de 9,1 % par rapport à mars 2020, et dépassait de 12,6 % la moyenne établie entre 2016 et 2020.

Exportations soutenues

Du côté du commerce, en mars, les exportations de viande et graisse de porc bondissent par rapport à février 2021. « Elles sont soutenues comparées à la moyenne sur cinq ans (+14,6 %) et dépassent de 9,2 % le niveau de mars 2020 », note Agreste. L’essor des envois vers les pays tiers se poursuit (+50 % sur un an), en particulier à destination de la Chine (+111 % hors abats).

Car la demande du pays de viande porcine ne s’essouffle pas. Dans l’empire du Milieu, « la situation sanitaire se détériore », note Agreste. Par ailleurs, le repli du cours du porc chinois, concomitant à la hausse du coût des matières premières engendre « des réductions de cheptels, aggravant la pénurie porcine chinoise », selon l’Institut du porc (Ifip).

En parallèle, les importations françaises de viande et graisse porcine se redressent aussi sur un mois. « Elles sont soutenues comparées à la moyenne sur cinq ans (+8,5 %) et dépassent de 17,5 % le niveau de mars 2020. » Les achats sont notamment « en forte hausse en provenance de l’Allemagne, de l’Espagne et du Royaume-Uni ».

Vincent Guyot