Dans un contexte où l’élevage est sans cesse pointé du doigt, Nicolas Fagoo, boucher dans les Hauts-de-France, souhaite communiquer et mettre en avant, à travers ses produits, les bonnes pratiques des éleveurs. « Je voulais prouver à mes clients que la viande qu’ils achètent est issue de modes de production respectueux du bien-être animal », explique l’artisan boucher. Le label « L’engagement bien-être animal », créé il y a un an, rassemble 35 éleveurs et une dizaine de points de vente, dans le Pas-de-Calais.

Élargir le label à toute la France

Nicolas Fagoo, ne voulant pas se cantonner à son département, constitue avec sept autres commerçants un GIE (groupement d’intérêt économique) sous le nom de Beefrance pour diffuser la démarche partout en France. Très vite, il se rapproche d’Elvea France (section de la Fédération nationale bovine, fédère 37 Associations d’Éleveur) pour avoir davantage d’impact.

« Ce label, qui s’appuie pour le moment sur la charte de bonnes pratiques de l’élevage, impose peu de contraintes. Il est simple à mettre en pratique par les éleveurs et surtout non attaquable par les associations abolitionnistes, argumente Nicolas Fagoo. Pour être engagé dans la démarche, les élevages volontaires sont audités sur les critères de bien-être. Ce projet servira également à développer et mettre en place l’outil Boviwell (un outil d’évaluation du bien-être animal). »

« Cette initiative ne doit pas s’arrêter aux portes de l’élevage. Elle doit englober également les conditions de transport et d’abattage des animaux », complète Frédéric Garcion, commerçant de bestiaux dans la Loire-Atlantique et membre du GIE. Le cahier des charges propre au label, actuellement en cours de construction, sera finalisé d’ici à un an.

« Elvea n’a pu répondre que positivement à la démarche. Nous allons communiquer à l’échelle de nos trente organisations de producteurs non commerciales (OPNC) et établir une liste des élevages de bovins susceptibles de répondre aux critères du label. Nos techniciens d’OP (organisations de producteurs) seront formés si c’est nécessaire pour auditer les fermes souhaitant adhérer à l’engagement “bien-être animal” », indique Philippe Auger, éleveur et président d’Elvea France.

Des animaux davantage valorisés à la vente

« Pour l’heure, nous avons axé la démarche sur des animaux de boucherie de haut de gamme. La plus-value pour des bovins issus de fermes engagées « bien-être animal » va de 10 à 30 centimes par kg de carcasse », précise Nicolas Fagoo.

« Mais notre volonté est d’élargir ce label à toutes les races et à toutes les conformations. Par l’intermédiaire du GIE Beefrance [qui a pour ambition de s’étendre], les négociations se feraient de gré à gré avec les éleveurs pour destiner leurs animaux à des circuits de vente traditionnels, induisant automatiquement une valorisation supérieure », poursuit-il.

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Lucie Pouchard