En dépit des récentes perturbations de marchés, en lien avec la crise sanitaire, le prix du lait de chèvre a sensiblement augmenté cette année. En cumul sur la période de janvier à septembre, le prix réel est en progression de 3 % sur un an estime FranceAgriMer. En mars, il était en progression de 4 % par rapport à 2019. Le boom des fromages de chèvre en libre-service y a sa part.

Pour autant, Davy Hecht, représentant du collège des industriels privés à l’Anicap, reste vigilant à l’approche des négociations commerciales annuelles. « Il va falloir transformer l’essai, estime-t-il à l’occasion du salon Capr’Inov le 25 novembre. Il faut être ambitieux, notamment pour compenser les volumes partis sur le marché spot ou transférés sur les marques de distributeur cette année. »

Si la crise du pouvoir d’achat à venir obscurcit quelque peu le tableau, le président de l’interprofession Jacky Salingardes n’a pas non plus l’intention de plier. « Cette année nous a montré que le fromage de chèvre est incontournable », souligne-t-il.

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Collecte assurée

Quoi qu’il en soit, la donne aurait pu être bien différente cette année. « Avec la survenue de la crise du Covid, les industriels laitiers ont dû faire face à des taux d’absentéisme allant jusqu’à 20 % en plein pic de production », rappelle Mickaël Lamy, représentant du collège des coopératives à l’Anicap.

Plus de peur que de mal, finalement. Au-delà du prix, nombre d’éleveurs craignaient de voir le ballet des camions de collecte s’interrompre. Mais en théorie, « aucun éleveur livreur n’a été mis sur le carreau, rassure Jacky Salingardes, président de l’Anicap. Certains fermiers ont même été dépannés par des collecteurs de proximité. »

Pour Davy Hecht, cela a été possible grâce à « la réactivité et à l’entraide dont ont fait preuve les laiteries, concernant la gestion des flux de lait et l’adaptation aux nouveaux débouchés. » L’appel à la modération de la collecte, entendu par les éleveurs, a également pesé dans la balance.

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Aborder sereinement 2021

Finalement, les acteurs sont relativement sereins pour l’année prochaine « Les niveaux d’importation ont été maîtrisés, et les stocks ne sont finalement pas si inquiétants », relève Mickaël Lamy.

Ce à quoi le président de l’interprofession ajoute que « la récente restructuration des filières caprines hollandaises et espagnoles protège davantage le marché des fluctuations durables et prononcées des prix et volumes ».

Alexandra Courty