« Nous souhaitons retrouver une activité viable rapidement, mais pour l’instant, nous restons sans assurance sur le prix des chevreaux gras sur les périodes à venir », alerte la FNENC, dans un communiqué diffusé le 19 novembre 2020.

L’association a déjà lancé un cri d’alarme au printemps, faisant état d’une « impasse financière grave ». « Des éleveurs vont mettre la clé sous la porte cet hiver, souligne Loïc Brunellière, le vice-président de la FNENC. Cela pourrait engendrer d’importants problèmes sanitaires, voire des euthanasies d’animaux. »

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« Travail à perte »

Car à Pâques 2020, la crise du Covid-19 a déstabilisé le marché. Le prix payé du chevreau gras « s’est effondré à 2,70 €/kg vif, contre 3,40 € les années précédentes », détaille la FNENC, pour un coût de production de 2,90 €/ kg vif. Ce dernier comprend « un prix d’achat moyen sur l’année du chevreau naissant d’environ 3 à 3,50 € par animal ».

Or d’après la FNENC, à l’automne, ces chevreaux naissants sont achetés au prix de 6 à 8 €, ce qui conduit à un coût de production de 3,15 à 3,35 €/kg vif, « pour un prix de reprise du gras autour de 3 €/kg. Nous travaillons donc à perte une bonne partie de l’année, souligne l’association. Nous en sommes réduits à seulement occuper nos bâtiments sur cette période. »

« Retrouver des marchés rémunérateurs »

Malgré la promesse de l’aval d’abattre la totalité des chevreaux sur la campagne de 2020-2021, la FNENC s’interroge sur l’après-Pâques, en l’absence d’engagements des abatteurs sur les prix de reprise. « Nous avons bien conscience que le prix du petit chevreau n’est pas assez élevé. Mais le contexte de crise du chevreau gras et notre modèle économique ne nous permettent pas pour l’instant de le revaloriser », défend l’association.

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La FNENC appelle à une « mobilisation collective de tous, naisseurs, engraisseurs, abatteurs et laiteries », afin de « retrouver des marchés rémunérateurs ». L’association estime que « la question du chevreau de trois jours semble être une question clef pour notre filière. Le travail de recherche de plus-value sur les produits finis est un second projet essentiel ».

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Vincent Guyot
Votre analyse du marché - Ovins

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