Les cours des broutards et jeunes bovins mâles, qui peinent à redécoller depuis plusieurs mois, échauffent les esprits dans les campagnes. Malgré la réunion des acteurs de la filière autour du ministre de l’Agriculture à deux reprises, la feuille de route dite de « Lezoux » établie ne semble pas donner satisfaction devant l’urgence de revaloriser le prix payé aux éleveurs. La Coordination rurale l’avait fait savoir dans une lettre ouverte adressée à rue de Varenne le 20 janvier dernier.

Si le ministère de l’Agriculture se dit « très attentif à la détresse des éleveurs », « la position de Julien Denormandie est aussi de dire que les difficultés conjoncturelles ne doivent pas empêcher de réfléchir à des solutions structurelles, d’où le travail réalisé à l’automne sur la feuille de Lezoux », rapporte son cabinet.

« S’appuyer sur le plan de relance »

« L’idée est de s’appuyer notamment sur les moyens mis à disposition par le plan de relance pour davantage structurer les filières au niveau local et national, poursuit le cabinet de Julien Denormandie. Plusieurs axes ont été travaillés de manière à diversifier les débouchés et à créer de la valeur. »

Le ministère cite notamment les pistes de contractualisation pour le jeune bovin en restauration collective et privée ou encore la préparation sanitaire des broutards à l’exportation.

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La crise du Covid fait ressortir des analyses divergentes

Mais le chemin est semé d’embûches, face aux trésoreries dégradées des exploitations et au manque de débouchés sur le marché intérieur et à l’exportation. La crise engendrée par la pandémie de Covid-19 a fait ressortir des « analyses assez divergentes entre les acteurs, empêchant la structuration de la filière et la mise en œuvre de projets communs », explique le ministère. (14/12/2020)

Pour « apaiser les tensions et recréer le dialogue entre l’amont et l’aval », Gilles Vanackere a été nommé le 17 décembre dernier comme médiateur de la coopération agricole par le ministre.

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Les raisons du refus de débloquer une aide à la vente

En réponse à la Coordination rurale qui avait demandé la mise en place temporaire d’une aide forfaitaire de 150 euros par tête pour la commercialisation de jeunes bovins et de broutards mâles, le cabinet de Julien Denormandie justifie son décision.

« L’aide octroyée entre janvier et février 2017 avait été prise dans un cadre européen. De plus, à cette période, il était question d’un surplus d’offre sur le marché mais la demande ne faiblissait pas en face. Aujourd’hui, la crise sanitaire n’offre aucune visibilité sur l’évolution de la situation [et donc sur les débouchés]. » Le ministère confie enfin ne pas disposer des mêmes marges de manœuvre sur le volet financier.

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Lucie Pouchard