Entre 2015 et 2020, la production de viandes biologiques est passée de 29 746 à 59 115 tonnes, toutes espèces confondues. « L’objectif de doubler les volumes en cinq ans est désormais atteint », se réjouit Interbev dans son observatoire des viandes bio publié le 5 juillet 2021.

Les volumes d’abattage en bovins allaitants et laitiers, veaux, ovins et porcins ont progressé de 10 % sur un an. « Une véritable réussite après une année marquée par la crise sanitaire, qui a bouleversé les habitudes des consommateurs et contraint les distributeurs à adapter leur offre », salue Interbev.

Les Français se sont tournés vers les magasins de proximité

Les ventes en boucheries artisanales ont enregistré une « croissance remarquable » de 18 % par rapport à 2019. Les volumes de viandes bio distribués dans les magasins spécialisés et en vente directe ont enregistré une hausse de 11 %, respectivement. « Les grandes surfaces ont également gagné 11 % avec des hypermarchés en légère perte de vitesse au profit des supermarchés et des magasins de proximité », indique Interbev.

Sur cette période, la restauration hors domicile accuse un recul de 9 %, en lien avec la fermeture de nombreux restaurants commerciaux, scolaires ou d’entreprise.

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Le steak haché bio séduit de plus en plus

Entre 2019 et 2020, la production de bovins bio allaitants a augmenté de 12 % en volume (tonnes-équivalent carcasse). « Une proportion importante des troupeaux de bovins allaitants, en complément des animaux laitiers et mixtes, a alimenté le marché du steak haché et des viandes prêtes à découper », rapporte Interbev. En effet, les ventes de haché bio au rayon de libre-service des grandes surfaces ont accru de 11,2 % en volume et de 11,6 % en valeur sur un an.

Malgré l’écoulement d’une partie des pièces nobles en boucheries artisanales, un fort déséquilibre matière a été créé. La même tendance a été observée en porc. Compte tenu des débouchés limités en restauration hors domicile, les professionnels de la filière ont eu davantage de difficultés à valoriser l’ensemble des morceaux.

En veau, la production biologique perturbée par la crise sanitaire s’est stabilisée (+1 % en volume sur un an). « Face aux incertitudes, les professionnels ont, en effet, dû réorienter certains animaux vers la production de broutards, de génisses ou de bœufs, avec une diminution des volumes d’abattage », explique Interbev. La situation a été plus favorable à la filière du veau de lait, valorisée avant tout dans les boucheries et les rayons traditionnels.

La filière ovine bio se fait sa place

Les résultats ont été plus réjouissants pour la filière ovine, dont les volumes d’abattages en bio ont progressé de 11 % par rapport à 2019. « Cette tendance s’explique, d’une part, par la conversion d’un certain nombre de troupeaux à l’élevage biologique durant ces dernières années et, d’autre part, par une meilleure adéquation entre l’offre et la demande, qui se consolide au fil du temps », soutient l’interprofession.

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Lucie Pouchard
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Commerce plus calme dans les laitières d’entrée de gamme

Dans le domaine des allaitantes, les transactions sont plus calmes. En réformes laitières, face à une meilleure couverture de la demande, les industriels accentuent la pression sur les vaches maigres. En jeunes bovins, l’animation commerciale reste soutenue du fait de faibles disponibilités.
Votre analyse du marché - Veaux

La pression s’accentue sur les croisés

Les effectifs de veaux laitiers croissent sur les marchés. Une proportion importante prend le chemin de l’Espagne, faute de place suffisante en France. Les intégrateurs maintiennent leurs grilles tarifaires, mais ils imposent des quotas à leurs fournisseurs. Du côté des croisés, l’offre grandit également et les acheteurs accentuent la pression, notamment sur les veaux croisés blanc bleu R de conformation.