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La production française de volailles de chair dévisse

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Filière - La production française de volailles de chair dévisse
L’offre française de poulet est déficitaire depuis février 2022, indique l’Itavi. © Patrick Gardin

Depuis le début de l’année 2022, les abattages de volailles de chair sont en recul, notamment en raison de l’épizootie d’influenza aviaire.

« En 2022, sous l’effet de la grippe aviaire qui a durement touché le Sud-Ouest et les Pays de la Loire, la production de volailles de chair devrait chuter de 7 à 8 % », anticipe l’Institut technique de l’aviculture (Itavi), dans une note de conjoncture publiée le 3 juin 2022. Les filières les plus touchées sont « celles qui sont majoritairement produites aux Pays de la Loire, à l’image du canard à rôtir, de la pintade et en moindre mesure de la dinde et du poulet. »

Les premiers signes se font déjà sentir. D’après Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, en avril 2022, les abattages français de volailles de chair se replient de 5,6 % en poids, et de 6 % en têtes, sur un an. Sur ce même mois, les abattages de canards à rôtir ont chuté de 29,9 % en poids par rapport à avril 2021. Ceux de canards à gaver se sont effondrés de 49,6 %.

Une situation « prévisible », qui « marque le début de la crise d’influenza qui a sévi en Pays de la Loire entre février et mai de cette année », analyse le Comité interprofessionnel du canard à rôtir (Cicar). Le constat est le même pour les abattages de dindes (-14,4 % en poids sur un an) et de poules de réforme (-24,6 %). Les pintades s’en sortent mieux (+2 %) tout comme les poulets (+1,2 %).

Hausse des importations

Pour autant, selon l’Itavi, l’offre intérieure de poulet est déficitaire depuis février dernier. L’institut table donc sur une progression des importations de 15 à 20 % en 2022. D’après FranceAgriMer, sur le premier trimestre de l’année, les achats de viande de poulet en provenance de l’Union européenne (UE) « continuent de progresser à un rythme soutenu » et sont en hausse de 10,2 % en volume par rapport à la même période en 2021. En valeur, elles bondissent de 30,8 %. Les principaux fournisseurs sont la Belgique et la Pologne. Avec cette dernière, « les échanges ont repris plus nettement en mars après s’être stabilisé en février », relève FranceAgriMer.

En parallèle, les exportations françaises vers les pays de l’UE progressent de 42,2 % en volume, et de 44,3 % en valeur, en particulier vers les Pays-Bas, la Belgique, et l’Allemagne. « Vers les pays-tiers les envois poursuivent leur baisse en volume (- 8,1 %) mais progressent en valeur (+ 13,5 %) portés par l’inflation », complète FranceAgriMer. Pour 2022, l’Itavi envisage en effet un recul des exportations françaises en-dehors du Vieux Continent, impactées par l’influenza aviaire. Vers les partenaires européens, elles devraient en revanche « se maintenir voire progresser avec la hausse des flux britanniques qui transitent via la France ».

Vincent Guyot

Vers un maintien de la consommation

Pour l’Itavi, en France, la demande de viande de volaille se maintiendra en 2022, avec une « accélération des tendances d’avant Covid ». La croissance des importations devrait en effet satisfaire les besoins de la grande distribution, ainsi que du secteur de la restauration hors domicile. « Ce dernier cherche une matière première moins coûteuse dans un contexte inflationniste généralisé », souligne l’institut. La hausse des prix risque toutefois d’impacter comportement d’achat des ménages. Certains segments comme la charcuterie ou les produits sous signe de qualité « pourraient subir un phénomène de trading down où les consommateurs se tournent vers l’achat de produits moins chers ».

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