« Depuis la fin des quotas, la structuration des organisations de producteurs (OP) s’est faite avec une approche principalement verticale et sans transfert de propriété, c’est-à-dire en OP non commerciales. Cela ne donne pas satisfaction aux producteurs et n’est plus en adéquation avec les objectifs du plan de filière France Terre de Lait », tranche Christophe Léger, de la FDSEA de la Haute-Savoie, lors des premières assises de la FNPL le 2 décembre 2021 aux Sables-d’Olonne (Vendée).

L’éleveur estime important « d’accompagner la structuration des OP vers plus de transversalité ». Car se pose aussi la question de l’indépendance vis-à-vis du maillon intermédiaire. « Trop d’OP fonctionnent avec un appui financier de la laiterie qu’elles livrent », appuie Laurent Duclos, de la FDSEA de l’Eure. Le syndicaliste plaide également pour « le financement d’agents de relation avec les fournisseurs de lait (ARC) pour tisser des liens avec les laiteries ».

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Passer à des OP commerciales

Pour Christophe Léger, il est également nécessaire de « tendre vers une appropriation des volumes par les OP, avec un transfert de propriété ». En clair, passer à des OP commerciales. « L’idée est que les éleveurs se réapproprient leur part du pouvoir, défend-il. Les laiteries s’échangent du lait sans que les producteurs soient au courant. »

En parallèle, pour « rendre la liberté d’entreprendre » aux éleveurs, le syndicaliste plaide pour la levée de l’obligation d’apport total aux OP. « Les OP végétales pratiquent le non-apport total. Le cadre européen ou national doit s’adapter à la volonté de la filière. Si les producteurs ne sont pas acteurs là-dessus, personne ne le sera. »

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Une implication « insuffisante » des éleveurs

Pour faire bouger les lignes, les éleveurs devront toutefois donner du leur. Or « il y a implication insuffisante des producteurs au sein de leurs organisations économiques dont ils ne connaissent que peu le rôle, dépeint Laurent Duclos. C’est souvent l’héritage d’une situation — au sein d’une coopérative comme d’une laiterie privée — ayant pour effet une disparition du sentiment d’appartenance », explique-t-il.

Une meilleure formation initiale et continue des éleveurs, ou futurs éleveurs, est une piste envisagée pour y remédier. Cela afin de « se réapproprier les outils et l’économie de la filière ». Au sein des coopératives, Laurent Duclos propose également de « dissocier l’amont de l’aval », quitte à créer des OP au sein des coopératives.

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Vincent Guyot