« En 2021, la demande asiatique va probablement continuer à mener le marché du porc », assure FranceAgriMer, dans son bilan de l’année 2020 publié le 3 février 2021. Pour autant, l’organisme se veut lucide sur les perspectives commerciales vers la Chine, premier importateur mondial de produits porcins. « Dans les années qui viennent, ce débouché est appelé à se réduire et sera l’objet d’une forte concurrence, en particulier des États-Unis. »

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La remise en route des élevages est en cours

En proie à la peste porcine africaine (PPA) depuis août 2018, l’empire du Milieu concentre tous ses efforts sur le repeuplement de ses élevages porcins et la restructuration de l’amont de la filière.

En 2021, « du fait d’une reconstitution partielle de son cheptel, la production chinoise devrait progresser de 15 %, permettant à la Chine de réduire d’environ 10 % ses importations », indique FranceAgriMer. En conséquence, une « relative détente sur les prix » pourrait être observée.

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Les exportations françaises « plafonnent »

Si ces évolutions peuvent rebattre les cartes pour les principaux pays exportateurs européens, « les capacités d’exportation de la France apparaissent de toute façon limitées », tranche FranceAgriMer.

« La consommation nationale est vue en effet, traditionnellement, comme le débouché naturel de la production française et l’exportation n’est souvent envisagée que pour le dégagement des surplus », poursuit-il.

FranceAgriMer estime que « même dans des conditions favorables, les quantités exportées tendent à “plafonner” comme en 2019 et 2020 avec des volumes similaires, des substitutions s’opérant simplement entre pays destinataires ».

En 2020, le chiffre d’affaires français à l’exportation est estimé à 1,8 milliard d’euros pour l’ensemble des produits porcins, en hausse de 168 millions d’euros (+10,1 %) sur un an. « À la hausse des volumes (+1,2 %) s’est ajouté un “effet prix” », précise FranceAgriMer.

Sous la menace de la peste porcine africaine

Pour 2021, l’extension de la PPA reste la grande inconnue. « Il suffit qu’elle atteigne la faune sauvage pour que de nombreux pays tiers suspendent leurs importations, comme on l’a vu en Allemagne, rappelle FranceAgriMer. La France n’est pas à l’abri de ce risque et travaille à l’anticiper. »

Des négociations sont en cours avec les partenaires commerciaux de la France, « en particulier la Chine, pour fixer la possibilité d’appliquer, si c’est nécessaire, soit un zonage (fermeture à l’exportation des seules régions touchées et non du pays tout entier), soit une compartimentation (cloisonnement par des mesures de sécurité biologique d’une partie définie de la filière, de l’amont à l’aval) ».

Vincent Guyot